imageDu 9 au 13 octobre, je me pose à Prickly Bay pour me faire poser 1 petit bimini afin de pouvoir m'abriter un peu du soleil en navigation. J'en profite pour faire changer la fermeture éclair du lazzy bag de ma grand voile. Lors d'un passage à St Georges le 11, je fais la connaissance d'Elian et Odile, qui font le Tour du monde depuis 12 ans. Le lendemain ils m'invitent à dîner sur leur voilier "Pélagos" et j'en profite pour les questionner sur divers équipements et eux me parlent de leurs destinations préférées, notamment de l'Asie qu'ils ont beaucoup appréciée. 

 

Le 13, je monte installer un feu de navigation en led dans le mât du bateau de Serge et Frédérique. Ne pouvant y monter lui même, il est tout heureux du service rendu et le soir je suis invité à bord.
Le lendemain, je retrouve Jean Luc et Nicole, partis de St Jean de Luz il y a 4 ans. Ils ont parcouru le Pacifique, de la Nouvelle Zélande à l'île de Pâques, pointé au Cap Horn avec Hervé et traversé les canaux de Patagonie, beau parcours. Il arrivent du Brésil et doivent retourner à Trinidad récupérer leurs passeports avec le visa américain. Je les accompagne à bord de leur bateau. S'y trouvent également Christophe, un ami à lui et une jeune bateau stoppeuse, Cécile, à bord depuis la Patagonie.
Nous partons le dimanche pour arriver dans la baie de Chaguaramas le lundi matin, récupérer les passeports et reprendre la mer en suivant. Las, DHL, chargé d'acheminer les documents n'est pas très organisé et il faudra que Jean Luc aille les récupérer en ville mercredi. En attendant, on passe le temps comme on peut et je retrouve sur place Jérôme et Elian en plein travaux avec leurs bateaux à terre. Sympathiques retrouvailles. 
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Nous repartons pour une nav de nuit et assistons à un superbe coucher de soleil sur le Vénézuela avant de retrouver Grenade et Aotearoa le 19 octobre. Dès le lendemain nous repartons ensemble pour Carriacou et pour la navigation je bénéficie du renfortTour de Cécile et Christophe puis le 20 nous nous arrêtons devant la splendide plage d'Anse la Roche. Je sais qu'il y a des langoustes et j'en remonte 4 que nous dégustons à l'apéro du soir. Le lendemain nous faisons halte à petite Martinique, jolie petit Île montagneuse où nous faisons une petite ballade sur les hauteurs pour avoir une vue d'ensemble sur les Grenadines. Puis nous allons mouiller pour la nuit à petit st Vincent où Jean Luc bât mon record de la veille avec 5 langoustes.image

imageLe 24 nous nous arrêtons à petit Tabac, jolie langue de sables avec quelques palmiers et faisons du snorkeling. Puis nous rentrons dans le "fer à cheval" des Tobagos Cayes. La nuit est calme et le lendemain nous faisons un superbe snorkeling entre les îles. Nous apercevons des myriades de poissons multicolores, des tortues, des raies, un requin...

imageLe 25, nous sommes à Canouan après une petite navigation où j'ai pêché, en compagnie de Cécile, un gros barracuda que j'ai remis à l'eau puis un thon de 5 kg. Après quelques courses dont le célèbre rhum Sunset à 84,5°, nous nous arrêtons boire 1 verre chez Ezra Georges. Il tient un petit bar Resto sur la plage et s'attable avec nous pour discuter. On a passé un excellent moment en sa compagnie. Demain c'est son anniversaire, la plage va être en feu, il aura une centaine d'invités, donc beaucoup de filles à t'il dit, et le "dress code" pour elles est le bikini ou le mini short, ça promet....image


Le 26, après avoir tenté de mouiller à Baliceau, îlot désert mais mal abrité, nous gagnons le lagon bleu à St Vincent. L'entrée est délicate. La passe sud est très étroite et bordée de corail et la passe ouest, que je choisis, n'a qu'1,80m de profondeur. Heureusement il y a un peu de marée et ça passe sans toucher.
Pour le dîner, je prépare le thon au curry avec du lait de coco à bord d'Aotearoa et tout le monde se régale, sauf Nicole pour qui le plat est trop relevé.
Le lendemain, nos routes se séparent, Manara remonte sur le Marin en Martinique et moi je vais retrouver Stéphane et Amélie à la Dominique.
Nous partons ensemble, au moteur, car le vent est absent et Jean Luc prend rapidement de l'avance avec son moteur plus puissant. Eole ne se manifeste qu'à la pointe nord de Saint Vincent ou je mets les voiles, puis ce sera Sainte Lucie vers 15h. A 16 h je commence à apercevoir "Madinina" la Martinique mais la route est encore longue car je vise Saint Pierre, tout au nord où je fais en sorte d'arriver au lever du soleil vers 6 h du matin, car ce n'est pas simple d'y arriver de nuit. Vers 2 h, mon AIS me signale la présence proche d'un énorme bateau de 320 mètres de long mais nous ne faisons pas route de collision, donc tout va bien. Lorsque je parviens à St Pierre, cela fait 23 h que je navigue et j'ai parcouru 90 miles en solitaire, mais j'ai quand même pu dormir un peu par tranches de 20 à 30 mn. La veille est importante mais lorsque qu'aucun bateau n'est en vue, on peut se permettre un petit somme. Ma 1ère nuit de nav en solitaire.
image28 octobre, L'escale à st Pierre est agréable, sieste pour récupérer, marché, coiffeur, déjeuner chez Marie Claire au marché, puis dès 15 h sous une chaleur accablante, je mets cap au nord en direction de Portsmouth au nord de la Dominique. J'ai de la chance car je touche un peu de vent au bout d'1 heure de nav. Il souffle à 13 noeuds et Aotearoa file à 6 nds.
Dans le canal entre les 2 îles, je suis suivi par un bateau qui avançe à 27 nds, c'est 1 ferry, petit soulagement car des plaisanciers ont déjà fait de mauvaises rencontres.....
Vers 20 h, la nuit est déjà noire depuis 2 heures. J'émerge à peine d'1 petit somme dans le cockpit et je vois une fusée de détresse s'élever dans l'obscurité sur mon bâbord arrière, à 5 miles environ du cap Scotts Head, pointe sud ouest de la Dominique. De suite je m'interroge, suis je sûr de l'avoir vue cette fusée? Il y a 1 heure j'ai crû deviner la présence d'1 voilier sur ma route et il s'est avéré qu'il n'y en avait pas.... Mais 1 fusée quand même, ça brille fort de nuit, et puis je l'ai vue monter puis amorcer sa descente et s'éteindre assez vite, il n'y a pas de doute, donc il doit y avoir quelqu'un en perdition, mais alors, que faire? Inutile de vous dire que j'ai cogité plein pot pendant quelques minutes et j'ai décidé de me dérouter et de me diriger sur zone.
Par contre, je ne vois rien dans la direction supposée, pas la moindre loupiote, mais faut y aller voir. J'affale l'a grand voile et roule le génois, fait demi tour et me dirige vers l'endroit supposé.
Ce que je craignais se confirme, pas la moindre lueur, pourtant si quelqu'un a tiré 1 fusée, il doit bien y avoir 1 esquif quelque part, fusse une barque... Je me pose mille questions sur la conduite à tenir et je me décide enfin à contacter le CROSS Martinique ( Centres régionaux opérationnels de Surveillance et de Sauvegarde) qui répond immédiatement à mon appel sur la VHF. Une fois au courant de la situation, ils m'enjoignent de me rendre sur la zone de "tir" supposée et me demandent de les rappeler dès que j'y suis. Ce que je ne manque pas de faire au bout d'une 1/2 heure pour leur signifier que je n'ai rien vu. Je fais alors 1/2 tour et traverse à nouveau la zone afin de reprendre ma route initiale. Un dernier contact avec le Cross clôt l'opération. Le mystère reste entier pour moi, car contrairement au bateau "fantôme", je reste persuadé de l'avoir vue cette fusée de détresse!
Bon, 2 heures de perdues mais comme je compte arriver au lever de soleil, je suis encore en mesure de tenir mon timing, voire même d'arriver avant. Les voiles à nouveau hissées et bien réglées, sous pilote automatique, je m'autorise un petit somme mais je suis réveillé en sursaut au bout de quelques mn car le pilote a "décroché" et le bateau a fait 1/2 tour. Décidément, c'est la seconde fois que je m'en retourne à proximité de çe cap, hasard ou prémonition? Dans le doute je scrute à nouveau dans la direction supposée mais n'aperçoit au loin que ma constellation préférée, la Croix du Sud. Je me remets au cap et un grain me surprend, le vent monte à plus de 25 nds, je ne l'avais pas senti venir celui là. Je temporise un peu puis il passe son chemin. Je décide alors de prendre 1 ris pour être plus tranquille et reprends ma nav sous le vent de l'île, côté mer des Caraïbes donc. La suite sera sans histoires avec un petit vent qui me fait arriver juste au lever du soleil dans la superbe et immense baie du Prince Rupert où Stéphane et Amélie sont déjà là depuis quelques jours.
29 octobre, Après avoir jeté l'ancre, je me précipite dans ma couchette pour un bon cycle de sommeil et à mon réveil j'ai la surprise de voir leur bateau juste à côté du mien, ils se sont déplacés pour que l'on soit côte à côte, sympas les copains! Cela doit faire un mois que nous sommes séparés et je suis très heureux de les retrouver tous les 4 avec Damien et Andy, ce dernier étant pour quelques jours, avec son meilleur copain en vacances ici avec ses parents.

Nous déjeunons ensemble à bord de Moévaï et vers 15 h arrivent un couple d'amis à eux vivant en Guadeloupe, Florian, Mimi et leur ravissante Eva, 5 ans.
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Le 30 nous profitons du cadre magnifique de la baie et le 31 partons retrouver un autre couple d'amis à eux près de Roseau, la capitale, pour récupérer Andy. Le rendez vous est fixé à la plage "Champagne" ainsi nommée car des bulles volcaniques s'échappent d'un faille sous-marine. Une fois dur place, je fais la connaissance de Pierre Lipski, Bayonnais exilé à Cannes et directeur du site de fabrication de satellites Thalès. Nous parlons du pays et ski de rando dont il est un adepte fervent.
Après déjeuner il nous conduit à Soufrière Bay, au niveau du fameux Scott's Head Cap, un site vraiment magique avec son eau limpide et son petit village bien attachant. La baie est classée parc national et interdite aux bateaux, pour protéger les fonds réputés pour la plongée sous marine.
Ma plus belle expérience en Dominique.
imageLe soir nous partageons 1 dernier repas à bord de Moévaï et le lendemain je m'éclipse dès 8 h du matin pour gagner les Saintes et faire ma clearance d'entrée en Guadeloupe, car cela fait un moment, depuis Carriacou précisément, que je n'ai effectué aucune formalité, alors j'ai hâte de me mettre en règle. Stéphane à prévu de lever l'ancre vers 11h et doit me rejoindre à Terre de Haut mais une fois arrivé, je ne vois pas leur étrave de toute la journée. Peut être ont ils été directement à Pointe à Pitre?
À mi parcours, je pénètre sous une importante voûte nuageuse qui défile sur les Saintes et finit par me prendre un grain avec 25 nds de vent, mais ayant pris la précaution de réduire la voilure à 2 ris, tout se passa sans encombres jusqu'à mon arrivée à 13h45.
Le temps resta pluvieux toute la fin de journée mais je fis quand même un petit tour à terre pour effectuer ma "clearance". Mais nous étions le 1er novembre et le cybercafé pour effectuer les formalités d'entrée était fermé. Je m'en acquittais donc le 2 et décidais de rester sur place pour la journée.
Le 3, dès 8h, je quittais le mouillage pour aller à Pointe à Pitre ou j'arrivais vers 14h sous un ciel "bas et lourd". Normal, la Guadeloupe était en alerte jaune.
Dès mon entrée dans le port, j'aperçois Amélie et Andy qui me font des signes. Chance, on m'affecte une place sur le même ponton qu'eux. C'est cool et dès le bateau amarré on se raconte notre nav depuis Portsmouth. Peu après, Dédé passe puis c'est le tour d'Hervé, son copain, dont le bateau a pris la foudre il y 15 jours tout près d'ici. Le pauvre a eu une grosse frayeur, il a vu une boule de feu à l'intérieur du bateau, ses cheveux se sont dressés sur sa tête et toute son électronique à grillé. L'alternateur a même "littéralement" explosé, une moitié à été éjectée, incroyable! C'est la seconde fois qu'il prend la foudre, la poisse! J'espère que son bateau sera vite réparé car il doit traverser le Pacifique pour poser définitivement ses valises à Nuku Hiva, aux Marquises en mai prochain.
imageUn peu plus tard, Dédé me raconte que les "ptits jeunes" d'Esperanza, Florian et Eloïse, ont heurté la barrière de corail en Martinique et arrivent pour mettre le bateau au sec et effectuer les réparations. Heureusement que le temps était calme car Florian a passé la nuit à bord du bateau incliné à 45°, en attendant l'intervention de la SNSM, sans qu'il n'y ait trop de dommages. Un bateau moins solide aurait pu se disloquer dans la nuit. Il s'en est sorti avec quelques égratignures et un safran raccourci de 30cm!
Bon, et bien voilà, ça montre qu'en bateau, l'erreur ne pardonne pas et que même sans en commettre, on n'est pas à l'abri d'un problème! Il faut aussi que notre bonne "étoile" veille sur nous!
Comme me dit Stéphane, il faut se ré-habituer à vivre à terre, car cela fait 3 mois que nous étions au mouillage. Ça fait tout drôle d'être au port et ma foi, on l'apprécie bien pendant quelques jours.

La saison cyclonique se termine fin novembre et pour le moment tout s'est bien passé pour moi et les amis. Haïti, Cuba et d'autres îles ne peuvent malheureusement en dire autant.

Le 25 de çe mois Fadila et Didier (qui est déjà venu en avril) viennent me retrouver pour une dizaine de jours de navigation puis je rentre en métropole du 8 décembre qu 19 janvier.
Rendez vous en décembre pour la suite des aventures d'Aotearoa et couvrez vous bien, l'hiver arrive.....image