bonjour à tous,

Après 7 semaines et demie en métropole, je sais, c'est un peu court, il en manque 2, me voici de retour en Guadeloupe le 31 janvier.
Avant d'entamer par le détail mes pérégrinations caribéennes, un petit mot sur mes occupations métropolitaines hivernales dont mes sorties en ski de rando avec les copains montagnards. On s'est régalé avec de la bonne neige, qui s'est faite attendre cet hiver, et des conditions idéales pour skier en forêt, toujours sympa, puis un petit essai à une activité artistique, l'aquarelle, à laquelle je compte bien m'adonner sur le bateau, dans un avenir proche.... En attendant voici 2 peintures réalisées en çe début d'année.          

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Tout cela est bien plus agréable que le programme qui m'attend dès mon arrivée à Pointe à Pitre, à savoir le carénage du bateau avec son enchaînement d'activités diverses: karcher, grattage de la coque, ponçage, puis application au rouleau de 3 couches, primaire et antifouling et pour finir nettoyage du bateau, soit 5 journées de labeur.
J'avoue que çe n'est pas du plaisir pur pour moi!
Et la semaine suivante sera aussi, bien occupée en travaux divers dont le changement d'enrouleur de génois, opération assez douloureuse, surtout pour le portefeuille.....
Heureusement que mon retour m'a permis de retrouver des copains, Jérôme du JOD 35, Hervé, en partance pour les Marquises et Dédé, puis de me faire 2 nouveaux potes, Damien et Philippe, un ex chasseur alpin, breton d'origine.
Après 2 semaines à Pointe à Pitre, je me rends à la marina rivière Sens pour retrouver Stéphane, Amélie et les enfants, Andi et Damien avec qui je ferai des balades en montagnes, des bains chauds, du footing et nous évoquerons quelques souvenirs de nos itinérances de l'été 2016 dans les Grenadines.

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Malheureusement, je viens d'apprendre une mauvaise nouvelle. La clé de Sol, le bateau de Denis et Patricia, rencontrés au Cap Vert l'an dernier, vient d'être détruit par la houle après avoir passé 10 jours couché sur un banc de sable dans 1 lagune au nord du Brésil. Plusieurs tentatives ont été faites pour l'extraire du sable mais sans succès. Quelle tristesse de savoir un vieux bateau, de construction classique en bois, comme lui perdu à jamais.
Cela permet de mesurer sa chance de ne pas avoir connu pareille épreuve, car en cette fin de mois aux conditions particulièrement agitées , forte houle, pluies et rafales de vent, dans la nuit du 21 février, 3 bateaux ont connu de belles frayeurs:
Alain, mon ex voisin de ponton, parti au mouillage a dérapé sur son ancre sur plusieurs çentaines de mètres, un bateau sur bouée devant le port est parti à la côte et 1 voilier s'est fait percuter par 1 ferry de nuit dans le canal de la Dominique. Faut parfois avoir une bonne étoile pour passer à côté de ces soucis et s'en sortir sans trop de dégâts!
Cette fin de mois me vit également retrouver Richard et Sonia, les Suisses rencontrés aux Canaries fin 2015 qui m'invitèrent à dîner à bord de leur solide voilier, une soirée bien ventée aux Saintes.
Le 28 février, je fais connaissance avec 1 navigateur et artiste Basque, Jean Jacques Lasarte ( en sweat rayé et tout sourire). Le courant passa fort bien et le lendemain, jour d'arrivée d'Alice, la grande soeur de Paul et Tom, je le conviais, avec son équipière à passer la soirée à bord d'Aotearoa. Nous discutâmes pas mal de son projet d'acheminer du riz pour un orphelinat à l'île à Vache à Haïti, idée qui me séduisit au point d'y adhérer moi même.

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Après Haïti, son itinéraire étant semblable au mien avec Cuba et le rio Dulce au Guatemala, je me promis de les retrouver plus tard, dès que j'aurai renforcé l'équipage d'Aotearoa, çar naviguer en solo n'est pas trop mon truc.
1 jour après Alice, çe fût au tour de Serge de nous retrouver et dès le lendemain, le 3 mars, nous partons retrouver Stéphane et Amélie à rivière Sens. Las, la fatigue du voyage, la 1ère soirée un peu arrosée et la forte houle indisposèrent un peu notre nouvel équipier, au point que, en plus du mal de mer, il prit un méga coup de soleil. Il n'est pas prêt d'oublier sa 1 ère journée en Guadeloupe l'ami Serge pas plus que notre 1 ère nuit qu mouillage ou d'incessantes rafales à 30-35 noeuds secouèrent Aotearoa dans tous les sens. Nous eûmes tous les 3 le sommeil léger avec pas mal de réveils brutaux, mâtinés d'un petit peu d'inquiétude, lors des plus fortes rafales. On n'est pas tous les jours dans 1 décor de carte postale....
Dès le lendemain nous prenons place à la marina puis entamèrent notre programme de randos sur Basse Terre avec en prime, l'ascension de la Soufrière avec Stéphane, sommet de 1467 m et point culminant des petites Antilles.

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Le soir de çe même jour, le 6 mars, une alerte jaune a été instaurée pour mer dangereuse jusqu'au vendredi 10. Et bien, notre escapade aux Saintes et à Marie Galante s'annonce mal, va falloir s'occuper sur Basse Terre, au grand dam de Serge qui est prêt à affronter les pires conditions pour " réaliser" son programme: visiter les Saintes et Marie Galante.
Jamais à cours de ressources, nous louons 1 voiture et en 2 jours allons voir les tortues à Malendure, visitons Deshaies et la magnifique plage de grande anse, puis les chutes du Carbet et nous baignons dans une rivière aux eaux à 33° environ, un vrai plaisir, sauf pour le portable neuf de Sergio, qui n'aime pas l'eau chaude.....

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Le soir nous invitons Stéphane et Amélie à venir déguster de la dorade coryphène au citron vert marinée dans des épices et du sel Caraïbes, un délice.
Le 10, le soleil étant de retour, nous levons l'ancre pour Malendure et la réserve Coustau. Le départ se révéla fort agréable avec un petit vent et une mer plate puis subitement, des rafales à 35 noeuds dévalèrent des reliefs alentour et nous propulsèrent au delà de 9 nds sur un océan bien chaotique . Le site de Malendure se révélant très exposé au vent et aux vagues, nous installèrent notre mouillage dans la baie de Bouillante, beaucoup plus calme. A peine l'ancre larguée, nous mettons pied à terre à terre où notre intérêt est irrémédiablement attiré par un petit resto local ( un "lolo") en bord de plage qui fît notre bonheur; comme quoi, le navigateur affamé est facile à combler...

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Le lendemain nous sommes retournés à la marina de rivière Sens, (par 1 temps bien maussade) car Serge reprenait l'avion dans l'après midi. Une amie d'Amélie, la charmante Valérie, devant aller à l'aéroport chercher une copine, il a même profité d'un transfert privé!
L'entrée dans la marina fût longue et pénible car, malgré plusieurs appels au téléphone et à la V H F, personne ne nous répondit, comme d'habitude en fait. Entre 2 rafales, nous hasardâmes une petite reconnaissance dans le port et nous nous amarrâmes au ponton du gasoil dans l'attente du départ d'un bateau.
A 14 h, notre camarade nous a fait ses adieux ainsi qu'à Amélie, Andi et au petit Damien (2 ans 1/2) qui a réussi la prouesse de l'attendrir plus d'une fois. Un grand sensible notre ami Serge. C'est vrai qu'il est craquant ce petit bonhomme!

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Après 1 dernière soirée avec nos voisins et amis, le lendemain, Alice et moi, nous dirigeons vers le canal des Saintes, enfin devenu fréquentable après 1 semaine de conditions difficiles. Et dire que Serge en mourrait d'envie d'y aller aux Saintes, il a fallu qu'il parte pour que la "fenêtre météo" s'ouvre.
Comme d'habitude, le vent s'accélère dans le canal mais avec la grand voile réduite et la trinquette, le bateau est équilibré et la navigation sans soucis. Çe qui me gêne le plus c'est mon genou droit qui a doublé de volume et ne facilite pas mes déplacements sur le pont gîté du bateau. Une fois mouillés dans la baie de Terre de Haut, une des 10 plus belles du monde, nous partons à terre avec Alice qui se régale de ce cadre enchanteur qu'elle découvre. Après quelques achats de 1 ère nécessité, tourments d'amour ( petites tartes locales ), sorbets coco et quelques fruits, Alice part se balader à la recherche des trésors cachés de cette petite île, tandis que, au repos forcé, je bouquine et prépare la suite de mon voyage.
Le lendemain, nous nous posons sur la jolie petite plage de l'anse Mire et ce décor m'inspire pour faire 1 aquarelle, qui objectivement, n'est pas encore tout à fait à la hauteur de mes ambitions. Faut dire, que je manque de pratique et que mon problème d'interprétation très personnel des couleurs me bloque un peu et ne facilite pas mon épanouissement artistique.....
Et oui, ce qui est simple et évident pour vous, est bien compliqué pour moi; il me faudrait un ou une conseillère couleurs à bord pour m'inciter à la création et éveiller l'artiste qui sommeille en moi, comme en chacun de vous d'ailleurs, probablement.
Le 15 mars, nous quittons les Saintes de bon matin pour Marie Galante mais nous sommes contraints de tirer des bords dans une mer tumultueuse face à la houle pendant 3 bonnes heures.
Le dernier bord sera plus agréable avec la houle sur le travers et de belles accélérations à la clé.

Dès notre arrivée, nous repérons le bateau de mon pote Jérôme dans la baie de Saint Louis et jetons l ancre à proximité. Plus tard nous le retrouvons, avec sa jolie équipière, chez Henri, un agréable bar restaurant musical, pour goûter le fameux rhum de Marie Galante face au soleil couchant.

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Le lendemain, Aotearoa nous amène à l'anse Canot et sa magnifique plage bordée de cocotiers. Toujours qu repos forcé, je dépose Alice en annexe sur la plage d'où elle part faire la ballade du Sentier de Vieux Fort. Dans l'après midi elle fera 1 tentative pour apercevoir quelques langoustes

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mais l'eau trouble ne lui permettra pas de voir la moindre antenne...
Curieux, l'air aussi est troublé et c'est du sable saharien qui en est responsable, ça paraît incroyable mais chaque année, les courants aériens en transportent d'énormes quantités paraît-il.
D'après Dédé, un ami Guadeloupéen, çe phénomène remonte à une dizaine d'année environ. Comme quoi, il se passe bien de drôles de choses sur notre planète.....

Le 18 mars au matin, nous mettons le cap vers St François, en grande Terre, où nous retrouvons nos amis Gilles et Pocky. Les retrouvailles sont sympathiques et, pour une fois, modérément arrosées de ti'punch, çe qui me convient parfaitement, çar je suis sous anti inflammatoires à cause de mon genou et je n'ai pas envie d'abuser.

Après 2 jours dans cette localité, la plus ensoleillée de Guadeloupe, nous partons à la marina Bas du Fort çar je vais réceptionner 200 kg de riz que je vais livrer à l'orphelinat de soeur Flora, à l'île à Vache, en Haîti. Une fois la marchandise à bord, je passe un coup de fil à Dédé, qui surprise est en train de bricoler sur le bateau de Max, un ami Haïtien. Sans perdre une minute, nous partons les voir avec Alice et leur proposons de passer dîner à bord. La soirée fut très intéressante à plus d'un titre, et Max nous apporta un nouvel éclairage sur l'époque troublée de la "Perle des Antilles", particulièrement sur la période de la dictature des Duvallier et des très controversés "tontons macoutes", la garde privée qui faisait régner la terreur.....
Actuellement, la situation n'est guère mieux çar l'île est régulièrement frappée par des catastrophes naturelles, tremblements de terre et cyclones. De plus, les élites sont fortement incitées à émigrer dans certaines puissances comme le Canada, vidant le pays de ses forces vives....
Après ce constat un peu pessimiste, je passe les journées suivantes à peaufiner la préparation du bateau çar le départ est prévu au lendemain du retour d'Alice en France, le 25 mars. Mon programme est maintenant bien établi. Je vais à st Martin ou le 28, et çe pour la 3ème fois, Didier vient me retrouver. Puis nous partons tous les 2 pour Saint Domingue ou le 6 avril, Fadila et leur fils Elias nous retrouvent jusqu'au 16, date de leur retour en métropole. Et le 18, j'attends mon ami Michel, avec qui nous avons effectué plusieurs expéditions dans le Sahara, dont il est un grand amoureux. Il viendra avec son fils Nicolas et nous aurons 1 mois pour aller à l'île à Vache livrer le riz, puis en Jamaïque et Cuba. Ensuite ce sera probablement le Rio Dulce au Guatemala, ou j'espère retrouver mon ami basque Jean Jacques Lasarte, ainsi que Fanfan et JeanPascal de Tumbayo, rencontrés au Cap Vert. Mais pour le moment, l'équipage n'est pas encore constitué (il y a peu être des amateurs parmi vous?) ni les dates posées, chaque chose en son temps....
À bientôt pour la suite des aventures d'Aotearoa.

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