Hervé et moi arrivons à la marina Tortugal, au Rio Dulce le 1 er septembre. Le cadre est très agréable mais nous ne sommes pas en vacances, il faut remettre Aotearoa en configuration grande croisière après 2 mois 1/2 d'immobilisation dans cette jolie et très accueillante marina. Tout y est parfait et le bateau a bénéficié de soins attentifs en mon absence, aération, nettoyage, démarrage du moteur, climatisation, un service inédit et exceptionnel. 

Après avoir installé toutes les voiles, fait l'avitaillement, les pleins d'eau et de gasoil, le 5 septembre à midi nous entamons notre descente du Rio Dulce et nous arrivons à Livingston le lendemain vers 15 H après un agréable mouillage près d'un village indien dans le Golfete. Dès notre arrivée, nous nous occupons de nos formalités de sortie du Guatemala auprès de Raul et réservons les services de Victor pour le lendemain 8 H afin qu'il nous aide à franchir la barre de 1,80 M à marée haute. 

Nous en profitons aussi pour nous renseigner sur l'itinéraire probable suivi par le cyclone Maria car nous ne tenons pas à croiser sa route. Il semble que la voie soit libre pour nous. 

Le lendemain, Victor nous tracte et la barre tant redoutée est franchie sans que les quilles ne touchent le fond et j'en suis très heureux et soulagé car en rentrant, debut juin, elles avaient" labouré" la vase, ainsi que le safran, ce qui est toujours un peu difficile à vivre, on souffre pour son bateau en pareil cas. 

2 heures plus tard, nous hissons les voiles en direction de l'est car nous devons longer la côte nord du Honduras et cette longue navigation n'est pas sans risques. Des pirates y abordent parfois des bateaux de plaisance et il faudra naviguer très loin des côtes, et la nuit, évoluer sans aucune lumière pour minimiser les risques d'être repéré. 

La 1 ère journée, le vent est de face, nous tirons donc quelques bords vers le nord, ce qui nous permet de prendre un peu de distance avec le rivage. Puis le vent tourne et nous devient plus favorable. Nous progressons sous voile cap à l'est, ce qui est assez inespéré car habituellement, le vent souffle de l'est. C'est certainement la présence de Maria au nord des Antilles qui génère ces vents inhabituels.