La Colombie 

18 septembre 2017, après une bonne nuit de sommeil, nous partons d'un pas décidé visiter Cartagena avec Florian et son pote Philippe. Le quartier historique est magnifique avec ses maisons, colorées, ses ruelles, ses monuments de l'époque coloniale et ses hôtels construits autours de patios fleuris, il s'agit de la plus belle ville coloniale d Amérique latine paraît-il, un régal.

J'y retourne seul le lendemain et fait la connaissance de 2 jeunes français qui sont enchantés de leur voyage et de l'accueil qu'ils ont connu dans ce pays fabuleux, c'est de bonne augure pour moi !

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Nous en profitons pour refaire le plein de produits frais car le 20 nous accompagnons nos amis qui vont se mettre au vert à la Cienaga de Cholon.

Le bateau nettoyé et rangé comme il se doit, le 20 nous nous mettons en route, cap au sud ouest pour effectuer les 20 miles qui nous séparent de cette petite lagune tranquille. Nous y passerons 3 jours et nous reprenons la petite routine de la vie au mouillage faite de repos, baignades, lectures,

entretien du bateau, car quoi qu on pense, il y a toujours à faire sur un bateau qui navigue, ainsi que ski nautique avec l annexe du cata de Philippe, apéros et repas en commun sur Ecclectic, le cata de notre flottille. Chacun prépare le repas à tour de rôle et on passe d'excellentes soirées agrémentées de quelques chansons du répertoire de Marie, notre hôtesse, accompagnée par Philippe à la guitare.

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Du 23 au 26 nous passons quelques jours à Cartagena où nous faisons la connaissance d'autres navigateurs, visitons à nouveau la vieille ville et préparons un nouveau départ pour Isla Grande le 27. Le mouillage est très agréable et nous y passons 3 journées au calme. Nous quittons le mouillage le 1er octobre au matin avec Hervé car il prend l avion le soir même pour la France. Sur le trajet retour nous pêchons un beau petit thon de 4 kg.

Hervé parti, je me plonge dans les cartes et guides de la Colombie pour faire une escapade terrestre à l intérieur du pays. Je sollicite une place au port pour laisser Aotearoa en sécurité et le 9 je m' envole pour Medellin. la ville qui vécut longtemps sous le régime de la peur imposée par Pablo Escobar, le richissime et puissant narcotrafiquant. Les temps ont bien changé et on ne ressent aucune insécurité dans cette grande ville lovée au fond d une large vallée entourée de montagnes.

Je n'y ferai qu'un bref passage ponctué par la visite du parc où sont exposées les sculptures géantes de la gloire locale, j'ai nommé Botero.

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Le 11, je prends un bus pour la jolie petite ville coloniale de Jardin et je tombe sous le charme de ses jolies maisons et du cadre verdoyant qui l'entoure. Je déniche un petit hôtel colonial donnant sur la place du village où la décoration colorée fait penser à une maison de poupée, splendide. Le lendemain je fais une magnifique ballade

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à cheval sur des pistes qui dominent la ville en compagnie de 2 jeunes français résidents en Guadeloupe et 2 charmantes « routardes ». Notre guide, voyant que tout le monde tient bien en selle, laisse notre fougue s'exprimer et nous poussons souvent nos chevaux au galop, c'est vraiment super!

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Le 13, je me mets en route pour Manizales et dès mon arrivée, je cherche une agence de voyage pour me réserver un trek dans le parc National de los Nevados. Chance, je me rends à l'agence Ecosistemas dont le directeur, Javier Echavarria, au nom bien de chez nous, se plie en 4 pour me faire partir avec 2 couples de Colombiens désireux de faire l'ascension du Nevado Santa Isabel à 4700 mètres. Le 21, le 4x4 de l'agence vient me chercher à 5 h du matin à l'hôtel et je suis accueilli par le tube « voyage voyage » qui me met de bonne humeur malgré l'horaire matinal. Après 3 heures de piste accidentée, nous entamons la marche à l'altitude de 4100 m environ. Mes compagnons de circonstances étant peu entraînés, l'ascension s effectue à un rythme assez lent

entrecoupé de pauses « respiratoires », et contrairement à mes pronostics initiaux, tout le monde arrive à la côte 4700, c'est à dire à la limite du glacier. A cette altitude tout à fait respectable (presque le sommet du Mont Blanc) il est surprenant voire détonnant de trouver de jolies randonneuses en tenue de ville poser avec le sourire comme le prouve cette photo. Les Colombiens sont « locos » me dit ma guide, faut admetttre que c'est un peu vrai !

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Le sommet, 200 mètres au dessus n'est pas au programme. Le glacier qui le recouvre est tout noir, la visibilité nulle et il fait froid, le sommet ne m'appelle pas tant que ça finalement ! Le soir, je dors dans un genre de grand refuge à 3900 mètres d'altitude et le lendemain nous nous mettons en route avec Angelis ma guide « privée » pour les 2 jours de trek

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supplémentaires qui nous mènent au cœur des Andes jusqu'à Salento par la laguna de Otun et la « vallée de Cocora ». Le rythme est plus élevé et les étapes plus dures. Le 2ème jour, après 7h30 de marche autour de 4000 m d'altitude, nous arrivons à la finca « Berlin » habitée par une famille qui

vit isolée à 3800 m en quasi autonomie. Ils ont des bêtes et font du fromage frais dont ils tirent quelques revenus. Leur fils Juan Diego a 2 heures de cheval pour se rendre à l'école. La vie y est

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dure mais ils l'ont choisie et ne voudraient la changer pour rien au monde. Maria, la maman, ne descend en ville que 4 fois par an, la route est longue, 6 h de cheval puis 2 h de bus.

Le 3ème jour nous repartons de bon matin. Heureusement qu'Angelis, ma guide, connaît bien le secteur car il n'y a pas de chemins et bien sûr aucune signalisation. Un guide s'est égaré l'an dernier et a été retrouvé mort. Le puma est le seigneur de ses hauteurs mais il n'est pas impliqué dans ce drame.

Nous ne l'apercevrons pas, de même que le célèbre condor. Par contre nous traversons le fameux « paramo », écosystème d'altitude propre à quelques régions andines (et à certaines zones comprises entre 3000 et 4500 m sur le continent africain) ou poussent des espèces endémiques dont notamment les frailejones, des plantes

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hautes de 3 mètres environ, pouvant atteindre 300 ans qui ont la caractéristique de piéger l'humidité contenue dans l'air pour survivre, un joyau unique qui donne un aspect fantasmagorique au paysage souvent brumeux.

Le réchauffement climatique fait remonter leur biotope toujours plus haut, vers 4300 ou 4500 m et les glaciers sont en train de disparaître. Il n'en reste plus que 5 en Colombie et d'ici 15 ans, ils auront tous disparu....

Notre périple s'achève par un bon repas dans la vallée de Cocora, puis nous gagnons Salento en jeep Willis, le moyen de transport traditionnel, héritage de la présence américaine.

Salento est un charmant village, assez touristique ou l'on trouve un très bel artisanat; il est situé à l'entrée de la vallée de Cocora, célèbre pour ses magnifiques paysages et ses fameux palmiers de cire qui peuvent atteindre 80 mètres de hauteur, les plus grands du monde ! Nous sommes au cœur de la « zona cafetiera » et il est possible de visiter des fincas à l'occasion d'une ballade à cheval.

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Un endroit à ne pas manquer lors d'une découverte de la colombie!

Le 18 octobre au matin je prends un bus pour Bogota, la 3 ème capitale la plus haute d'Amérique latine avec ses 2640 m, pas mal pour une ville de 8 millions d'habitants ; alors que chez nous on ne trouve même plus de marmottes, ni d'isards, ni 1 seul arbre..... un autre monde !

Je ne m'y attarde guère mais apprécie quand même une petite visite de la vieille ville avec ses petites ruelles pavées et ses maisons colorées.

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Dès le lendemain je prends à nouveau la direction des montagnes et fait une halte à Villa de Leyva, magnifique petite ville coloniale que j'arpente en tous sens et où je vais rendre visite aux dinosaures

dont 1 fossile de plésiosaure long de 8 mètres environ et âgé de 127 millions d'années, un spécimen unique au monde ! Incroyable de penser qu'à cette époque une mer recouvrait une bonne partie de la Colombie actuelle.

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Le 20 je me mets en route pour Mongui, ( sur les conseils de mes amis Florian et Elo) un petit village colonial de montagne qui me permet de faire 1 dernière et superbe rando à 4000 m d'altitude dans le Paramo de Oceta, où se trouve une des plus importante concentration de Frailejones de Colombie. Ces biotopes endémiques sont vraiment extraordinaires et d'une richesse florale exceptionnelle.

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A mon retour je fais un petit tour dans le village, un des plus authentique et ancien du pays (crée en 1601), qui possède une spécialité originale, en plus de l'artisanat indien traditionnel, la fabrication de ballons de football, toutes les boutiques en sont joliment décorées.

Lors de la rando, mon guide m'a abondamment parlé de la mise en esclavage des indiens Muiscas par les espagnols et 2 anecdotes me semblent intéressantes. A la sortie du village se trouve un pont

dont les pierres auraient été scellées avec le sang des Muiscas enrôlés pour sa construction. Ensuite, lors de la descente de notre rando, il me fit passer par un petit canyon secret où les Muiscas « enterraient » leurs chefs dans des tombes en forme d'utérus creusées dans la roche. Les corps étaient placés en position fœtale et entourés de leurs parures en or. Les conquistadors ont pillé les réserves d'or des muiscas et une visite au musée de l'or de Bogota s'impose pour voir les merveilles

que ces derniers ont crées à l'époque précolombienne, comme ce magnifique radeau fabriqué vers l'an 1200.

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le 22 marque la fin de ce magnifique périple avec mon retour sur Bogota en bus suivi d'1 un vol pour Cartagena. La Colombie, particulièrement l'intérieur du pays et la zone andine centrale est vraiment un pays fabuleux que je conseille sans restriction. Les paysages sont magnifiques et la population est extrêmement agréable et ouverte, un vrai bonheur et un étonnement perpétuel d'être confronté à tant de gentillesse. Je n'ai remarqué aucun problème de sécurité, seules certaines zones dans la région amazonienne craignent un peu à cause des cultures de la coca, mais il est facile de les éviter.

Je me suis promis d'y revenir et de visiter les régions que je n'ai pas eu le temps de voir.

Ce séjour en altitude m'a permis de bien m'oxygéner, de me remettre en forme et d'échapper à la chaleur moite de Cartagena. Je suis donc prêt à accueillir mon amie Josiane et sa copine Murielle

qui vont séjourner 3 jours à bord d'Aotearoa avant de poursuivre leur exploration de ce beau pays.

Visite culturelle de la ville, plage et soirée un peu arrosée dans la vieille ville avec Florian et ses amis seront au programme de leur court séjour sur la côte Caraïbe.

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Peu après leur départ pour Santa Marta, je m'esquive également, direction le pays basque puis

Essaouira pour assister au mariage d'Alice, la grande sœur de Paul et Tom qui a trouvé en Brahim, un jeune Berbère, l'élu de son cœur.

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Le mariage a lieu à Sidi Kaouki, petit village connu pour son spot de surf 20 km au sud d'Essaouira.

A bientôt pour la dernière grande navigation de l'année entre Cartagena et la Guadeloupe.