Aotearoa, en route vers les mers du sud

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Nous avons entrepris le voyage qui devrait nous mener de l'autre côté de l'atlantique début 2016 Vous pouvez suivre et commenter nos aventures sur ce blog: Aotearoa64.canalblog.com 
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19 avril 2017

 

Vendredi 24 mars.
A 16h, Alice largue mes amarres avant de gagner l'aéroport. Aotearoa s'ébroue dans le petit temps et se dirige vers L'îlet Gosier pour y retrouver Florian et Eloïse. Le départ pour St Martin et les grandes Antilles sera pour demain, ça tombe bien çar la tradition dit qu'il ne faut pas prendre la mer un vendredi... Je ne suis pas particulièrement superstitieux mais d'un côté, ça rassure un peu.

Je souhaite partir tôt demain matin afin d'être sûr d'arriver à Marigot avant la nuit, dimanche soir et je sais que Florian risque de contrarier mes plans.... Effectivement, après plusieurs ti'punchs à bord de son bateau Esperantza, nous partons à terre pour manger un petit bout... Les choses se compliquent un peu pour moi qui souhait me coucher pas trop tard, mais qu'y faire? Je ne les reverrai pas avant plusieurs mois, en Colombie probablement, alors je ne puis me résoudre à les abandonner prématurément, d'autant qu'il sont d'agréable compagnie tous les 2 et d'humeur toujours festive.

Finalement de retour à bord vers 1 h du matin dans 1 état proche de la béatitude, je parviens néanmoins à m'extraire de ma couchette à 6 h du matin et sans perdre 1 mn, je lève l'ancre en direction du toujours agité canal des Saintes. C'est la plus longue navigation que j'entreprends en solo mais la soirée d'hier m'a ôté toute appréhension, je sens que tout va bien se passer....
Le vent est présent dès le départ et Ao file sous régulateur d'allure à 7,4 noeuds sous GV réduite à 1 ris et trinquette. Puis il tombe curieusement dans le canal des Saintes. A 10 h, J' empanne en face de Vieux Fort puis continue toutes voiles dehors jusqu'à 13h où le moteur prends le relais pour cause de pétole jusqu'à 19h. A ce moment une bonne brise de 25 noeuds s'établit et je rétablis à nouveau la voilure. Un oiseau vient se reposer à bord et me tiendra compagnie toute la nuit.
Les îles défilent lentement sur mon tribord, Montserrat, Antigua au loin, Nevis mais le vent m'oblige â infléchir au nord ma route et je suis contraint d'emprunter le canal entre Nevis et St Kitts alors que je n'avais pas prévu de prendre du nord avant Statia. Puis çe seront Saba et St Barth's avant mon arrivée à St Martin vers 16h30 après 1 navigation de 200 miles. Contrat rempli, la nuit s'est bien passée, j'ai pu dormir par tranches de 1 h et je suis en forme, çe qui s'avèrera précieux car juste après avoir mouillé devant Marigot, le catamaran de Greg et Céline s'approche et ils m'invitent à passer à bord boire un verre, et par expérience, je sais que le verre est toujours suivi de plusieurs autres, mais je me réjouis de passer la soirée avec eux.
Le lendemain 27 mars, je retrouve par hasard une autre connaissance, Alain, rencontré en Guadeloupe, qui pour sa traversée depuis la Guadeloupe a eu à affronter des creux de 4 mètres. Il m'apprend qu'un RM, mouillé à une bouée à Saba, comme moi l'an dernier, est parti à la côte avec son mouillage et l'arrière de sa coque à été éventré sur les rochers. Le bateau a dû être grutté sous peine de couler, gros travaux en perspective!
Je profite de cette journée pour faire le tour des shipshandlers et équipe Aotearoa d'un nouvelle ancre, la Rocna et d'un groupe électrogène. J'ai une grande confiance en cette ancre Néozélandaise qu'il me tarde de tester au plus tôt. J'ai également investi dans 1 nouveau répartiteur électrique, sur les conseils avisés de Greg, car l'ancien ne recharge plus les batteries qu'épisodiquement.
Le 28, c'est le jour tant attendu çar Didier, mon équipier le plus assidu et enthousiaste, vient me retrouver pour la 3ème fois et je vais le récupérer à l'aéroport de la Reine Juliana, côté hollandais.
Après avoir effectué l'avitaillement, nous passons voir Greg, Céline et les enfants et les amenons avec nous passer la soirée à Grand Case où nous nous régalons de succulents ribs.
Le lendemain nous effectuons divers petits bricolages à bord et Greg m'installe le nouveau régulateur qui assurera la pleine charge des batteries, un bon point pour l'autonomie énergétique du bateau. Le soir nous sommes invités sur Motu Atua et Céline nous cuisine d'excellentes côtés d'agneau. Nous évoquons nos souvenirs de l'été dernier dans les Grenadines et parlons de nos navigations futures qui devraient nous amener à nous retrouver.......

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Le 29, après avoir fait les pleins d'eau, de gasoil, d'essence et de gaz, nous levons l'ancre vers 16h30 à destination des Iles Vierges Britanniques et le lendemain matin à 7h30 nous mouillons à Virgin Gorda, dans la superbe baie de Gorda Sound.
La navigation de 74 miles fût très agréable et riche en petits évènements. Tout d'abord Didier, a vu une météorite en feu, tomber dans l'eau à une çentaine de mètres du bateau, grosse émotion. Puis, lors de mon quart de nuit je me suis régalé à admirer la Croix du Sud, puis qu matin un petit groupe de dauphins nous a accompagné pendant une dizaine de minutes, çe qui m'a laissé le loisir de les filmer avec ma petite Go Pro et l'un d'eux nous a même gratifié d'un magnifique saut périlleux, super spectacle.

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Le 1 er avril, après 24 h dans Gorda Sound, nous nous dirigeons vers les "Baths", superbe agglomérat d'énormes roches de granit au milieu desquelles nous déambulons admiratifs.
A 10h45, nous quittons le mouillage pour notre prochaine destination, la République Dominicaine, distante de 271 miles. Sous le vent des îles, une vedette à moteur vient tourner autour du bateau en nous demandant notre destination.
Le lendemain matin dès 7 h, nous établissons le geenaker alors que nous longeons la côte sud de Porto Rico puis un hélicoptère vient nous survoler alors que nous naviguons tranquillement sous spi. Décidément on est bien surveillé dans le secteur!

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Pendant que mon insouciant équipier prėpare la 1 ère tournée de planteurs, le capitaine étudie la stratégie pour affronter de nuit le terrible canal de la Mona qui fait trembler certains navigateurs lorsqu'ils l'évoquent, même à l'abri dans leur marina. Nous avons choisi la bonne fenêtre météo mais qu'en sera t'il vraiment dans 2 h lorsque nous y serons? En attendant, on se sent bien seul, pas le moindre voilier ni pêcheur en vue, mais où sont ils donc et que faisons nous en ce lieu de sinistre réputation où les fonds de plus de 8000 m de la seconde fosse la plus profonde du monde remontent brutalement sur des hauts fonds de 200 m et lèvent parfois d'ėnormes vagues.
Sa traversée sera en fait très calme pour nous à tel point que nous devons mettre le moteur à l'approche de l'île de Saona, la 1 ère terre dominicaine que nous touchons.
A 16 h, nous arrivons à la marina des milliardaires de Casa del Campo et nous amarrons ou bon nous semble çar nos appels sur la VHF restent sans réponse. Nous nous rendons de suite à la capitainerie et çe fût le début d'un long marathon administratif de plus de 3 h car 4 fonctionnaires de 4 administrations différentes sont requis pour effectuer les formalités d'entrée dans le pays, ainsi qu'un intermédiaire dont le rôle n'est pas très clair. Vers 18 h, 4 personnages étant présents, nous montons à bord d'Aotearoa et les "tractations" commencent. Au bout d'un moment, après palabres, l'un d'eux nous présente une addition d'un montant de 174$ sur 1 bout de papier et je l'accepte, sachant que d'autres bateaux ont payé 250$. Nous payons et regagnons la capitainerie lorsque se pointe, le représentant du ministère de l'agriculture qui demande 20$ de plus en échange d'un reçu. Il fait nuit noire, et ils exigent que nous quittions le port en suivant çar nous ne pouvons pas rester à cet emplacement disent ils, cela nous en coûterait 120 $. Je refuse catégoriquement car je n'ai aucune envie de prendre le moindre risque avec le bateau, ne connaissant pas le coin et la cartographie étant imprécise. Je leur propose de rester là et de quitter le port discrètement à 6 h demain matin et ils finissent par accepter sachant que s'ils nous "chassent" et qu'un problème survient, ils auront 1 part de responsabilité. Puis vint le moment de " négocier" le fameux "despacho", sésame officiel indispensable, devant indiquer notre prochaine étape, délivré par l'armada, la marine de guerre. Ils nous en donnent un pour Bayahibe où nous nous rendons le lendemain. Ouf, On s'en sort pas trop mal mais ce fut bien compliqué.

Ambiance plus locale dans cette petite station balnéaire, cependant envahie chaque matin par des centaines de touristes en partance pour les îles de Catalina et Saona, bordées de superbes plages de sable blanc ourlées de cocotiers. Une fois les nombreux bateaux partis, le calme est de retour et le charme opère. Après un bon petit déjeuner et une baignade, une visite à l'armada s'impose pour obtenir notre prochain despacho pour Boca Chica. Mais comme nous souhaitons aussi aller sur l'île de Catalina, ils ne nous le délivrent que pour cette destination. A nous d'en demander un nouveau à l'armada sur place... Une fois sur place, vers 17h, seuls 2 voiliers occupent le mouillage et nous allons à terre pour une baignade avant le coucher de soleil. Nous discutons avec un gardien qui nous dit que l'armada n'a pas de poste ici, ça devient ubuesque leur affaire....... Il va encore falloir parlementer en arrivant à Boca Chica, où les autorités n'ont pas très bonne réputation çar très intéressées par les bakchichs aux dires de radios ponton et d'un copain, Philippe, qui y est passé il y a moins d'1 mois.
Le 5 avril, vers 8 h nous quittons Catalina et arrivons à Boca Chica vers 15h. Une barque de la marina vient à notre rencontre et nous indique le chenal à suivre çar le chenal est très étroit et on a vite fait de se poser sur la quille. En fait c'est très simple, il suffit de bien se coller aux pontons du yacht club et de la marina et ça passe sans toucher. Une surprise nous attend, Jean Pascal et Fanfan, rencontrés au Cap Vert l'an dernier, nous attendent sur le ponton et nous aident à nous amarrer.
J'avais échangé quelques mails avec eux et je les savais dans les parages mais c'est une agréable surprise de les revoir. De suite nous sommes accaparés par les autorités et je donne mon despacho à un membre de la sécurité, grave erreur çar nous ne reverrons plus ni l'homme ni le fameux et indispensable document, çe qui nous vaudra pas mal d'ennuis le jour du départ avec l'inénarrable Armada.
Une fois le bateau bien rangé, Jean Pascal me narre ses mésaventures avec sa drisse de grand voile et ses lazzy jacks et me voilà en haut de son mât pour déterminer d'où peut venir l'usure de la drisse et débloquer ses lazzy. Le soir nous prenons l'apéro à bord de Tumbayo et dégustons un délicieux plats de pâtes à l'ail et à l'huile d'olive tout en discutant du bon vieux temps.... Et le lendemain matin je remonte au mât pour régler le problème.
Didier me fait part de douleurs dans les jambes et suppose être atteint du zika ou du chikungugna çar il souffre de courbatures et de maux de tête.
Le 6 avril, en attendant l'arrivée de Fadila et Elias ( la femme et le cadet de Didier ) nous bricolons à bord puis partons les chercher à l'aéroport vers 18h. Un super plan à 80$ dégotté par Didier avec le concours de Ti'Jo, un Haïtien bossant à la marina qui connaissait un mec qui avait une voiture... Si ça fait vivre le peuple, on veut bien mais ça fait quand même un peu cher!
Le soir nous amenons Fadila et Elias déguster un super "Pollo al carbon", l'équivalent du poulet boucané antillais et on se régale pour 3 $ chacun, accompagnement et boisson comprise.

Le 8 avril, nous louons 1 voiture et prenons la route de Las Terrenas pour retrouver 2 vieux copains, Jacques Dartout et Philippe Casagrande, avec qui j'ai passé 3 mois à st Martin, il y a un bon bout de temps.... Tout le monde est séduit par les belles plages du nord de l'île, presqu'île de la Samana et nous retrouvons Jacques pour un apéro au soleil couchant puis plus tard dînons de délicieux "camarons", les meilleures gambas de la ville selon TripAdvisor, chez Philippe, dans son petit Resto, "tu Casa". Le lendemain nous faisons une longue balade sur la plage de Coson et déjeunons avec Jacques et sa compagne Linda avant de reprendre la route de Boca Chica. Notre vieille Mitsubishi s'avère très "délicate", voire carrément dangereuse à conduire. Dès que je freine, les roues se bloquent, la voiture se déporte sur la gauche et glisse sur la chaussée. A mi parcours un pneu éclate, heureusement que nous n'allions pas très vite, un vrai corbillard cette tire, Fadila ne se gênera pas pour le dire au loueur.....

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Une surprise nous attend de retour à la marina, J Pascal et Fanfan on fait demi tour et nous attendent çar leur drisse de grand voile a été sectionnée et je suis convié à 2 nouvelles ascensions en haut de leur mât.
10 avril, c'est le jour du départ pour Bayahibe et la véritable séparation avec J Pascal et Fanfan.
Malheureusement l'armada va nous faire perdre 3 heures çar le "despacho" que j'ai remis au gars de la sécurité le jour de notre arrivée est introuvable, ainsi que le bonhomme. Il faudra des menaces de plainte à l'ambassade de France pour que le gradé patibulaire daigne nous laisser partir avec 1 nouveau sésame à destination de l'île de Saona, non sans qu'il se montre suspicieux sur les raisons de notre séjour sur cette île. Vers 10 h, nous quittons le port et mettons le cap sur l'île de Catalina, notre prochaine étape. Le vent est faible et nous déroulons rapidement le geenaker qui nous permet d'avancer autour de 5 noeuds, puis vers 14 h, il se renforce et nous prenons 1 ris dans la GV et roulons le génois. Bien nous en a pris çar 5 mn + tard, un gros grain nous enveloppe et obscurcit l'horizon, il durera bien 2 heures pendant lesquelles la houle se renforce et le vent grimpera jusqu'à 30 noeuds accompagné d'un pluie persistante. On s'est bien fait secouer.
Le lendemain nous poursuivons vers le charmant village de Bayahibe et nous nous mettons en quête d'un médecin pour Didier qui souffre toujours autant de ses courbatures aux jambes. Nous entrons dans la 1ère pharmacie et le tenancier s'avère être également "doctor". Un rapide examen lui permet de poser le diagnostic, Didier souffre de déshydratation et doit suivre scrupuleusement ses prescriptions et éviter l'exposition au soleil ..... Et le rhum, çe qu'il respectera à la lettre tous les jours jusqu'au coucher de soleil et au delà, selon les conseils du praticien.
Le soleil étant au zénith, c'est l'heure de la baignade sur la belle plage envahie de familles avec enfants à l'occasion de la semaine sainte, puis nous allons déguster un succulent poisson grillé dans un petit Resto local tenu magistralement par 3 dévouées et accueillantes Dominicaines.

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Le 13 avril, nous nous mettons en route pour la superbe île de Saona où nous arrivons vers 16h, heure à laquelle elle retrouve son calme après le départ des dizaines de bateaux de charter plein de touristes. Nous nous retrouvons seuls devant la magnifique plage de la Punta Delfin couverte de cocotiers, un vrai bonheur. Coïncidence , un des derniers bateaux à quitter le mouillage est 1 catamaran de charter nommé "Pyrénées", arborant le drapeau de la Rep Dom, je me demande comment il a bien pu atterrir là et j'aimerai bien connaître son histoire.

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Le 14 en fin de journée nous allons mouiller devant la superbe plage nommée " la piscine". Nous irons nous y baigner le lendemain matin, il faut bien l'admettre les eaux sont d'une couleur assez extraordinaire, c'est splendide.

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Un petit mot sur Elias, c'est sa 1 ère expérience à bord et il commence à vraiment s'impliquer dans les manœuvres le petit jeune " qui l'en veut ", selon l'expression chère à la géniale équipe des Deschiens de François Morel. Voici quelques clichés qui le prouvent. A une époque où beaucoup d'ados passent leur temps devant leurs écrans, le petit jeune " qui l'en veut" est le vivant exemple qu'une autre voie est possible, tout en se ménageant quelques plages pour effectuer ses devoirs, lire et correspondre un peu avec ses amis par mail, il est quand même de son temps, notre petit jeune " qui l'en veut". Mais quelle activité malgré la chaleur diurne, ce qui l'oblige quand même à faire 3 à 4 siestes par jour, on n'en ferait pas moins, la résistance humaine à ses limites!

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En fait, il prend un peu la place de son père dont l'état, il faut bien le reconnaître, ne s'améliore pas vraiment. Il a parfois des petits sursauts d'énergie et la douleur lui laisse quelques petites trèves lorsqu'il est sous l'effet des médicaments, mais il est loin de l'équipier flamboyant que j'ai connu lors de ses précédents séjours et loin aussi de l'intraitable arrière, indiscutable titulaire de son équipe de foot, qui, lorsqu'il pénètre sur le terrain, n'a qu'une seule devise: " le ballon passe mais l'adversaire, jamais". Alors, déshydratation, zyka, chikungunya, le doute est permis.... Mais cette chose qui l'a abattue doit être vraiment costaud, çar l'homme a de sacrées ressources!

Quant à Fadila, la plus aquatique de tout l'équipage, elle profite à fond des bons moments passés au mouillage pour se baigner pendant des heures, nager, et explorer les fonds marins. Elle a même réussi à apprivoiser un petit poisson qui l'a suivi pendant une bonne heure lors de son exploration de la " piscine".

Tout cela nous rapproche du terme du séjour de la famille Soreau et le 15, après un dernier arrêt à Bayahibe, nous mettons le cap sur Catalina ou nous passons la nuit à proximité de la vedette de l'Armada. En fait, ils sont cool les militaires de l'Armada, cool mais carrés, sauf le capitaine de Boca Chica, il suffit de leur indiquer une destination et ils nous font le despacho, sans jamais nous contrôler. Çar il va s'en dire que pour se simplifier les formalités et éviter de leur rendre une petite visite tous les jours, on ruse, on leur donne la destination la plus lointaine et on s'arrête en cours de route, c'est interdit mais on n'a pas vraiment le choix.........
Le 16 nous arrivons à 17 h à Boca Chica, et le soir allons pour la dernière fois déguster le "Pollo al carbon" dans notre petit lolo favori face au spectacle de la rue, çar ici, la rue est 1 spectacle. Les codes vestimentaires sont vraiment établis et exacerbés: les garçons avec le pantalon sous les fesses et les filles en jupes courtes, très courtes, ou leggin moulants, très moulants, épousant, comme le disait le metteur en scène de théâtre Jérôme Savary, la forme du moindre grain de beauté, le tout enveloppé d'un fond musical assourdissant et permanent! Faut dire que la moyenne d'âge est de 20 ans.....
Le 17 à 16 h, Fadila prends les choses en main et sonne l'heure de la douche, c'est souvent elle qui donne le rythme, c'est une femme d'action ma copine. Par contre le "petit jeune qui l'en veut" préfère se reposer en vue du long voyage qui l'attend et reste au bateau avec moi.
A 17 h, le pickup de la marina les emmène à l'aéroport, au revoir les amis, Aotearoa vous attend pour un prochain séjour quand vous voulez.....
Quant à moi, j'ai 48 h pour réparer l'annexe, faire l'avitaillement, refaire un beauté au bateau avant l'arrivée de mon copain Michel et de son fils Nicolas, avec qui nous irons livrer du riz à soeur Flora à Haïti, puis irons en Jamaïque et à Cuba. Vaste programme!
La suite dans l'île du cigare et des "Barbudos".

Hasta luego amis lecteurs et merci pour votre fidélité.

 

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22 mars 2017

De nouveaux horizons en 2017 et de supers équipiers....

bonjour à tous,

Après 7 semaines et demie en métropole, je sais, c'est un peu court, il en manque 2, me voici de retour en Guadeloupe le 31 janvier.
Avant d'entamer par le détail mes pérégrinations caribéennes, un petit mot sur mes occupations métropolitaines hivernales dont mes sorties en ski de rando avec les copains montagnards. On s'est régalé avec de la bonne neige, qui s'est faite attendre cet hiver, et des conditions idéales pour skier en forêt, toujours sympa, puis un petit essai à une activité artistique, l'aquarelle, à laquelle je compte bien m'adonner sur le bateau, dans un avenir proche.... En attendant voici 2 peintures réalisées en çe début d'année.          

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Tout cela est bien plus agréable que le programme qui m'attend dès mon arrivée à Pointe à Pitre, à savoir le carénage du bateau avec son enchaînement d'activités diverses: karcher, grattage de la coque, ponçage, puis application au rouleau de 3 couches, primaire et antifouling et pour finir nettoyage du bateau, soit 5 journées de labeur.
J'avoue que çe n'est pas du plaisir pur pour moi!
Et la semaine suivante sera aussi, bien occupée en travaux divers dont le changement d'enrouleur de génois, opération assez douloureuse, surtout pour le portefeuille.....
Heureusement que mon retour m'a permis de retrouver des copains, Jérôme du JOD 35, Hervé, en partance pour les Marquises et Dédé, puis de me faire 2 nouveaux potes, Damien et Philippe, un ex chasseur alpin, breton d'origine.
Après 2 semaines à Pointe à Pitre, je me rends à la marina rivière Sens pour retrouver Stéphane, Amélie et les enfants, Andi et Damien avec qui je ferai des balades en montagnes, des bains chauds, du footing et nous évoquerons quelques souvenirs de nos itinérances de l'été 2016 dans les Grenadines.

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Malheureusement, je viens d'apprendre une mauvaise nouvelle. La clé de Sol, le bateau de Denis et Patricia, rencontrés au Cap Vert l'an dernier, vient d'être détruit par la houle après avoir passé 10 jours couché sur un banc de sable dans 1 lagune au nord du Brésil. Plusieurs tentatives ont été faites pour l'extraire du sable mais sans succès. Quelle tristesse de savoir un vieux bateau, de construction classique en bois, comme lui perdu à jamais.
Cela permet de mesurer sa chance de ne pas avoir connu pareille épreuve, car en cette fin de mois aux conditions particulièrement agitées , forte houle, pluies et rafales de vent, dans la nuit du 21 février, 3 bateaux ont connu de belles frayeurs:
Alain, mon ex voisin de ponton, parti au mouillage a dérapé sur son ancre sur plusieurs çentaines de mètres, un bateau sur bouée devant le port est parti à la côte et 1 voilier s'est fait percuter par 1 ferry de nuit dans le canal de la Dominique. Faut parfois avoir une bonne étoile pour passer à côté de ces soucis et s'en sortir sans trop de dégâts!
Cette fin de mois me vit également retrouver Richard et Sonia, les Suisses rencontrés aux Canaries fin 2015 qui m'invitèrent à dîner à bord de leur solide voilier, une soirée bien ventée aux Saintes.
Le 28 février, je fais connaissance avec 1 navigateur et artiste Basque, Jean Jacques Lasarte ( en sweat rayé et tout sourire). Le courant passa fort bien et le lendemain, jour d'arrivée d'Alice, la grande soeur de Paul et Tom, je le conviais, avec son équipière à passer la soirée à bord d'Aotearoa. Nous discutâmes pas mal de son projet d'acheminer du riz pour un orphelinat à l'île à Vache à Haïti, idée qui me séduisit au point d'y adhérer moi même.

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Après Haïti, son itinéraire étant semblable au mien avec Cuba et le rio Dulce au Guatemala, je me promis de les retrouver plus tard, dès que j'aurai renforcé l'équipage d'Aotearoa, çar naviguer en solo n'est pas trop mon truc.
1 jour après Alice, çe fût au tour de Serge de nous retrouver et dès le lendemain, le 3 mars, nous partons retrouver Stéphane et Amélie à rivière Sens. Las, la fatigue du voyage, la 1ère soirée un peu arrosée et la forte houle indisposèrent un peu notre nouvel équipier, au point que, en plus du mal de mer, il prit un méga coup de soleil. Il n'est pas prêt d'oublier sa 1 ère journée en Guadeloupe l'ami Serge pas plus que notre 1 ère nuit qu mouillage ou d'incessantes rafales à 30-35 noeuds secouèrent Aotearoa dans tous les sens. Nous eûmes tous les 3 le sommeil léger avec pas mal de réveils brutaux, mâtinés d'un petit peu d'inquiétude, lors des plus fortes rafales. On n'est pas tous les jours dans 1 décor de carte postale....
Dès le lendemain nous prenons place à la marina puis entamèrent notre programme de randos sur Basse Terre avec en prime, l'ascension de la Soufrière avec Stéphane, sommet de 1467 m et point culminant des petites Antilles.

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Le soir de çe même jour, le 6 mars, une alerte jaune a été instaurée pour mer dangereuse jusqu'au vendredi 10. Et bien, notre escapade aux Saintes et à Marie Galante s'annonce mal, va falloir s'occuper sur Basse Terre, au grand dam de Serge qui est prêt à affronter les pires conditions pour " réaliser" son programme: visiter les Saintes et Marie Galante.
Jamais à cours de ressources, nous louons 1 voiture et en 2 jours allons voir les tortues à Malendure, visitons Deshaies et la magnifique plage de grande anse, puis les chutes du Carbet et nous baignons dans une rivière aux eaux à 33° environ, un vrai plaisir, sauf pour le portable neuf de Sergio, qui n'aime pas l'eau chaude.....

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Le soir nous invitons Stéphane et Amélie à venir déguster de la dorade coryphène au citron vert marinée dans des épices et du sel Caraïbes, un délice.
Le 10, le soleil étant de retour, nous levons l'ancre pour Malendure et la réserve Coustau. Le départ se révéla fort agréable avec un petit vent et une mer plate puis subitement, des rafales à 35 noeuds dévalèrent des reliefs alentour et nous propulsèrent au delà de 9 nds sur un océan bien chaotique . Le site de Malendure se révélant très exposé au vent et aux vagues, nous installèrent notre mouillage dans la baie de Bouillante, beaucoup plus calme. A peine l'ancre larguée, nous mettons pied à terre à terre où notre intérêt est irrémédiablement attiré par un petit resto local ( un "lolo") en bord de plage qui fît notre bonheur; comme quoi, le navigateur affamé est facile à combler...

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Le lendemain nous sommes retournés à la marina de rivière Sens, (par 1 temps bien maussade) car Serge reprenait l'avion dans l'après midi. Une amie d'Amélie, la charmante Valérie, devant aller à l'aéroport chercher une copine, il a même profité d'un transfert privé!
L'entrée dans la marina fût longue et pénible car, malgré plusieurs appels au téléphone et à la V H F, personne ne nous répondit, comme d'habitude en fait. Entre 2 rafales, nous hasardâmes une petite reconnaissance dans le port et nous nous amarrâmes au ponton du gasoil dans l'attente du départ d'un bateau.
A 14 h, notre camarade nous a fait ses adieux ainsi qu'à Amélie, Andi et au petit Damien (2 ans 1/2) qui a réussi la prouesse de l'attendrir plus d'une fois. Un grand sensible notre ami Serge. C'est vrai qu'il est craquant ce petit bonhomme!

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Après 1 dernière soirée avec nos voisins et amis, le lendemain, Alice et moi, nous dirigeons vers le canal des Saintes, enfin devenu fréquentable après 1 semaine de conditions difficiles. Et dire que Serge en mourrait d'envie d'y aller aux Saintes, il a fallu qu'il parte pour que la "fenêtre météo" s'ouvre.
Comme d'habitude, le vent s'accélère dans le canal mais avec la grand voile réduite et la trinquette, le bateau est équilibré et la navigation sans soucis. Çe qui me gêne le plus c'est mon genou droit qui a doublé de volume et ne facilite pas mes déplacements sur le pont gîté du bateau. Une fois mouillés dans la baie de Terre de Haut, une des 10 plus belles du monde, nous partons à terre avec Alice qui se régale de ce cadre enchanteur qu'elle découvre. Après quelques achats de 1 ère nécessité, tourments d'amour ( petites tartes locales ), sorbets coco et quelques fruits, Alice part se balader à la recherche des trésors cachés de cette petite île, tandis que, au repos forcé, je bouquine et prépare la suite de mon voyage.
Le lendemain, nous nous posons sur la jolie petite plage de l'anse Mire et ce décor m'inspire pour faire 1 aquarelle, qui objectivement, n'est pas encore tout à fait à la hauteur de mes ambitions. Faut dire, que je manque de pratique et que mon problème d'interprétation très personnel des couleurs me bloque un peu et ne facilite pas mon épanouissement artistique.....
Et oui, ce qui est simple et évident pour vous, est bien compliqué pour moi; il me faudrait un ou une conseillère couleurs à bord pour m'inciter à la création et éveiller l'artiste qui sommeille en moi, comme en chacun de vous d'ailleurs, probablement.
Le 15 mars, nous quittons les Saintes de bon matin pour Marie Galante mais nous sommes contraints de tirer des bords dans une mer tumultueuse face à la houle pendant 3 bonnes heures.
Le dernier bord sera plus agréable avec la houle sur le travers et de belles accélérations à la clé.

Dès notre arrivée, nous repérons le bateau de mon pote Jérôme dans la baie de Saint Louis et jetons l ancre à proximité. Plus tard nous le retrouvons, avec sa jolie équipière, chez Henri, un agréable bar restaurant musical, pour goûter le fameux rhum de Marie Galante face au soleil couchant.

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Le lendemain, Aotearoa nous amène à l'anse Canot et sa magnifique plage bordée de cocotiers. Toujours qu repos forcé, je dépose Alice en annexe sur la plage d'où elle part faire la ballade du Sentier de Vieux Fort. Dans l'après midi elle fera 1 tentative pour apercevoir quelques langoustes

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mais l'eau trouble ne lui permettra pas de voir la moindre antenne...
Curieux, l'air aussi est troublé et c'est du sable saharien qui en est responsable, ça paraît incroyable mais chaque année, les courants aériens en transportent d'énormes quantités paraît-il.
D'après Dédé, un ami Guadeloupéen, çe phénomène remonte à une dizaine d'année environ. Comme quoi, il se passe bien de drôles de choses sur notre planète.....

Le 18 mars au matin, nous mettons le cap vers St François, en grande Terre, où nous retrouvons nos amis Gilles et Pocky. Les retrouvailles sont sympathiques et, pour une fois, modérément arrosées de ti'punch, çe qui me convient parfaitement, çar je suis sous anti inflammatoires à cause de mon genou et je n'ai pas envie d'abuser.

Après 2 jours dans cette localité, la plus ensoleillée de Guadeloupe, nous partons à la marina Bas du Fort çar je vais réceptionner 200 kg de riz que je vais livrer à l'orphelinat de soeur Flora, à l'île à Vache, en Haîti. Une fois la marchandise à bord, je passe un coup de fil à Dédé, qui surprise est en train de bricoler sur le bateau de Max, un ami Haïtien. Sans perdre une minute, nous partons les voir avec Alice et leur proposons de passer dîner à bord. La soirée fut très intéressante à plus d'un titre, et Max nous apporta un nouvel éclairage sur l'époque troublée de la "Perle des Antilles", particulièrement sur la période de la dictature des Duvallier et des très controversés "tontons macoutes", la garde privée qui faisait régner la terreur.....
Actuellement, la situation n'est guère mieux çar l'île est régulièrement frappée par des catastrophes naturelles, tremblements de terre et cyclones. De plus, les élites sont fortement incitées à émigrer dans certaines puissances comme le Canada, vidant le pays de ses forces vives....
Après ce constat un peu pessimiste, je passe les journées suivantes à peaufiner la préparation du bateau çar le départ est prévu au lendemain du retour d'Alice en France, le 25 mars. Mon programme est maintenant bien établi. Je vais à st Martin ou le 28, et çe pour la 3ème fois, Didier vient me retrouver. Puis nous partons tous les 2 pour Saint Domingue ou le 6 avril, Fadila et leur fils Elias nous retrouvent jusqu'au 16, date de leur retour en métropole. Et le 18, j'attends mon ami Michel, avec qui nous avons effectué plusieurs expéditions dans le Sahara, dont il est un grand amoureux. Il viendra avec son fils Nicolas et nous aurons 1 mois pour aller à l'île à Vache livrer le riz, puis en Jamaïque et Cuba. Ensuite ce sera probablement le Rio Dulce au Guatemala, ou j'espère retrouver mon ami basque Jean Jacques Lasarte, ainsi que Fanfan et JeanPascal de Tumbayo, rencontrés au Cap Vert. Mais pour le moment, l'équipage n'est pas encore constitué (il y a peu être des amateurs parmi vous?) ni les dates posées, chaque chose en son temps....
À bientôt pour la suite des aventures d'Aotearoa.

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05 janvier 2017

Dernières navigations de 2016 en compagnie de Didier et Fadila

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Début novembre, c'est le retour en Guadeloupe ou je vais retrouver tous les amis croisés cet automne dans les Grenadines.
Stéphane et Amélie bien sûr, dont les parents arrivent dans quelques jours, Florian et Élodie, Dédé et Hervé ainsi que Julien, le skipper breton.

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J'ai plaisir à les retrouver, à passer de bons moments avec eux, et à faire connaissance avec Patrice et Marie, les parents d'Amélie qui nous ont précédé dans cette vie nomade lorsque Amélie avait une dizaine d'année. L'expérience a été positive car elle marche sur leurs traces pour le plus grand plaisir des enfants, Andy et Damien qui apprécient beaucoup cette vie nomade.

Du 3 au 7, nous passons pas mal de temps ensemble, au port, sur le fameux quai "Michel Malinowski", héros malheureux de la 1ère Route du Rhum car il a été battu au finish, de 98 secondes par le canadien Michael Birch sur son petit trimaran.
Puis le 8, nous quittons la marina. Stéphane, Amélie, ses parents et les enfants vont passer quelques jours dans la réserve de Petite Terre alors que je vais retrouver mes amis Pocky et Gilles à St François.

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Je profite de cette escale pour réserver un emplacement pour Aotearoa pendant mon retour en métropole.
Le 10 novembre, je pars pour l'Anse Canot à Marie Galante et le lendemain Moévaï, de Stéphane et Amélie, m'y retrouve. Le 11 nous partons en quête de quelques langoustes ainsi que Florian arrivé le matin avec quelques clients payants embarqués sur son bateau.

Le 12, nous partons mouiller devant St Louis où nous retrouvons Hervé, venu lui aussi goûter aux charmes de cette île avec 1 copain.
Le soir nous nous retrouvons tous autour d'un ti'punch et d'une excellente pizza pour une soirée animée.
Le 14, la flottille s'ébranle et prends la direction de Pointe à Pitre où je transite 2 jours avant de me diriger vers Malendure, Deshaies et les Saintes, endroits superbes où j'ai toujours plaisir à retourner.
Puis ce sera un nouveau passage à Pointe à Pitre pour quelques petits travaux à bord d'Aotearoa en attendant l'arrivée très attendue de Didier et Fadila le 25.
Le jour dit, à 15h, je suis à l'aéroport du Raizet pour les réceptionner et de suite ils me font part de leur plaisir et de leur impatience de naviguer. Après un avitaillement en produits frais, nous nous posons un peu à bord du bateau puis dès 18 h Florian et Eloïse, Amélie, son petit Damien et son amie Khadija puis Dédé, montent à bord d'Aotearoa pour boire 1 verre et accueillir les nouveaux arrivants.

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Les présentations sont vite faites et de suite l'ambiance est très conviviale. Les ti'punchs se succèdent accompagnés de quelques "tapas maison" et les sujets de discussion ne manquent pas jusqu'à 1 heure avancée. Didier et Fadila auront vite connu l'ambiance conviviale qui règne à bord des voiliers de voyage.....
Dès le lendemain, nous mettons le cap sur Marie Galante où nous passerons 2 superbes journées ensoleillées faites de rando, plongée et petits restos, au grand ravissement de Fadila qui ne connaissait pas encore cette île surnommée " la Galette" en raison de sa forme et de sa géographie.

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Le 28 au matin, le temps est pluvieux mais nous décidons quand même de gagner la Dominique distante de 25 miles. Le vent nous accompagne dès le départ et nous avançons correctement, mais vers 15 h, le vent tombe complètement et nous mettons le moteur. A 16h, surprise, le moteur s'arrête, je le remets en route 2 fois mais il cale. Avec Didier on va jeter 1 coup d'œil au réservoir et on constate qu il n'y a plus de gasoil. Pas cool l'affaire car le vent est toujours absent et le courant nous pousse à 1,5 noeuds vers la falaise du nord de l'île. Rien à faire pour s'y soustraire et la nuit est sur le point de tomber.
La tension monte un peu car l'ordi de bord s'éteint mystérieusement et nous n'avons plus de cartographie, manquait plus que ça.....et la nuit va bientôt tomber, mais on s'y attendait et c'est pas la faute du capitaine ça au moins!
L'équipage garde son calme et au bout d'une 1/2 heure nous trouvons la panne, la prise 12 volts de l'ordi s'était débranchée. Bon, cela ne règle pas notre problème de cap mais au moins nous pouvons suivre notre progression. Vers 17 h 30 le vent monte brutalement et passe de 0 à 35
noeuds, transition brutale mais salvatrice pour nous, car cela nous permet de nous éloigner du danger vers lequel nous étions aspiré. On tourne donc le dos à la falaise avec soulagement et une fois le coup de vent passé, après consultation avec Didier, on reprend la direction de Marie Galante car il serait trop risqué de tenter de mouiller dans la baie du Prince Rupert, de nuit, à la voile, sans moteur et sans guindeau, donc sans pouvoir se servir de notre ancre principale. Il va falloir utiliser l'ancre de secours manuellement.
Nous voilà donc reparti pour 6 h de navigation nocturne mais le vent se maintient autour de 15 nds et cela suffit à notre bonheur du moment. A 1 h nous faisons notre entrée dans la baie de St Louis et repérons quelques voiliers pour jeter l'ancre à proximité. Avec Didier nous préparons minutieusement la manœuvre. Nous enroulons le génois pour bien dégager la plage avant du bateau. On sort l'ancre secondaire sur le pont et on étale bien les 20 mètres de chaîne puis on met l'ancre dans le davier, par dessus l'ancre habituelle. Un bout de 30 mètres prolonge la chaîne et nous permettra de larguer la longueur de mouillage nécessaire.
Sous grand voile seule nous faisons notre approche prudemment car la nuit est bien noire, puis je mets le bateau face au vent, j 'affale rapidement la G V pour arrêter le bateau puis une fois celui ci immobilisé, Didier largue l'ancre avec précaution de façon à çe qu'elle se positionne correctement sur le fond et que la chaîne s'étale bien afin d'immobiliser le bateau pour la nuit. Une fois la manœuvre terminée, nous mettons un peu d'ordre dans le bateau et on constate avec soulagement que le mouillage a l'air de tenir et que le bateau ne bouge pas. On va pouvoir se reposer mais au cas où le vent se lèverai dans la nuit, nous décidons de dormir à tour de rôle dans le cockpit afin de pouvoir réagir au plus vite si l'ancre venait à déraper.
Heureusement, la nuit sera calme et premier levé le matin, je constate que nous sommes assez près du rivage et pas loin d'un petit cata. En jetant un coup d'œil à l'arrière, je vois que nous avons traîné les restes d'un vieux casier à langoustes enroulés autour du safran.

Après un bon petit déjeuner, nous mettons l'annexe à l'eau pour faire 1 petit tour à terre et remplir 2 bidons de gasoil.

Le temps restera couvert et pluvieux quelques jours et nous en profiterons pour faire 1 tour de l'île en voiture entrecoupé de petites ballades à pied sur des sites remarquables. A midi nous faisons une halte à Capestère ou nous déjeunons d'un délicieux poisson grillé puis nous allons marcher sur la longue plage sauvage au sud de cette charmante bourgade.
Puis nous reprenons la voiture et visitons l'habitation Murat, ancienne plantation de canne à sucre avant de retourner à bord d'Aotearoa avec 2 autres bidons de gasoil.

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Le 1er décembre, nous retournons à l'anse Canot et de suite nous partons en quête de quelques langoustes. Nous en remonterons 8 que Didier nous accommodera avec goût et talent! En fin de plongée, j'aperçois un beau poisson lion que je m'empresse de tirer; C'est 1 espèce invasive très venimeuse qui envahit les lagons et les dévaste car il se nourrissent d'une multitude d'espèces locales et n'ont pas de prédateur, à part l'homme. Il faut donc les éliminer dès qu'on en a la possibilité. Leur chair est délicieuse, et ils sont dorénavant pêchés et consommés dans pas mal de restos en Guadeloupe, çe qui contribuera peut être à limiter leur prolifération.

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Le 3 nous retournons à St François où nous retrouvons Gilles et Ambre. Didier et Fadila désirant faire le plein de rhum et de fruits tropicaux pour ramener en France, nous allons faire 1 tour au marché le lendemain matin avant d'aller déguster un bon plat local dans notre lolo préféré "les pieds dans l'eau" puis nous prenons la direction de l'aéroport d'où ils s'envolent pour la métropole.
Je leur emboîte le pas 3 jours plus tard et je dois reconnaître qu'il me tarde de retrouver un peu de fraîcheur, la neige et bien sûr les proches et les amis...

Je vous souhaite à tous une excellente année 2017 et j'espère vous voir pendant les fêtes ou en janvier avant mon retour en Guadeloupe où de nouvelles aventures et de rencontres m'attendent ainsi que quelques copains qui ont manifesté le désir de goûter eux aussi aux plaisirs de la navigation dans les Caraïbes. 

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14 novembre 2016

Remontée paisible vers les Antilles et 1ères navigations de nuit en solitaire

imageDu 9 au 13 octobre, je me pose à Prickly Bay pour me faire poser 1 petit bimini afin de pouvoir m'abriter un peu du soleil en navigation. J'en profite pour faire changer la fermeture éclair du lazzy bag de ma grand voile. Lors d'un passage à St Georges le 11, je fais la connaissance d'Elian et Odile, qui font le Tour du monde depuis 12 ans. Le lendemain ils m'invitent à dîner sur leur voilier "Pélagos" et j'en profite pour les questionner sur divers équipements et eux me parlent de leurs destinations préférées, notamment de l'Asie qu'ils ont beaucoup appréciée. 

 

Le 13, je monte installer un feu de navigation en led dans le mât du bateau de Serge et Frédérique. Ne pouvant y monter lui même, il est tout heureux du service rendu et le soir je suis invité à bord.
Le lendemain, je retrouve Jean Luc et Nicole, partis de St Jean de Luz il y a 4 ans. Ils ont parcouru le Pacifique, de la Nouvelle Zélande à l'île de Pâques, pointé au Cap Horn avec Hervé et traversé les canaux de Patagonie, beau parcours. Il arrivent du Brésil et doivent retourner à Trinidad récupérer leurs passeports avec le visa américain. Je les accompagne à bord de leur bateau. S'y trouvent également Christophe, un ami à lui et une jeune bateau stoppeuse, Cécile, à bord depuis la Patagonie.
Nous partons le dimanche pour arriver dans la baie de Chaguaramas le lundi matin, récupérer les passeports et reprendre la mer en suivant. Las, DHL, chargé d'acheminer les documents n'est pas très organisé et il faudra que Jean Luc aille les récupérer en ville mercredi. En attendant, on passe le temps comme on peut et je retrouve sur place Jérôme et Elian en plein travaux avec leurs bateaux à terre. Sympathiques retrouvailles. 
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Nous repartons pour une nav de nuit et assistons à un superbe coucher de soleil sur le Vénézuela avant de retrouver Grenade et Aotearoa le 19 octobre. Dès le lendemain nous repartons ensemble pour Carriacou et pour la navigation je bénéficie du renfortTour de Cécile et Christophe puis le 20 nous nous arrêtons devant la splendide plage d'Anse la Roche. Je sais qu'il y a des langoustes et j'en remonte 4 que nous dégustons à l'apéro du soir. Le lendemain nous faisons halte à petite Martinique, jolie petit Île montagneuse où nous faisons une petite ballade sur les hauteurs pour avoir une vue d'ensemble sur les Grenadines. Puis nous allons mouiller pour la nuit à petit st Vincent où Jean Luc bât mon record de la veille avec 5 langoustes.image

imageLe 24 nous nous arrêtons à petit Tabac, jolie langue de sables avec quelques palmiers et faisons du snorkeling. Puis nous rentrons dans le "fer à cheval" des Tobagos Cayes. La nuit est calme et le lendemain nous faisons un superbe snorkeling entre les îles. Nous apercevons des myriades de poissons multicolores, des tortues, des raies, un requin...

imageLe 25, nous sommes à Canouan après une petite navigation où j'ai pêché, en compagnie de Cécile, un gros barracuda que j'ai remis à l'eau puis un thon de 5 kg. Après quelques courses dont le célèbre rhum Sunset à 84,5°, nous nous arrêtons boire 1 verre chez Ezra Georges. Il tient un petit bar Resto sur la plage et s'attable avec nous pour discuter. On a passé un excellent moment en sa compagnie. Demain c'est son anniversaire, la plage va être en feu, il aura une centaine d'invités, donc beaucoup de filles à t'il dit, et le "dress code" pour elles est le bikini ou le mini short, ça promet....image


Le 26, après avoir tenté de mouiller à Baliceau, îlot désert mais mal abrité, nous gagnons le lagon bleu à St Vincent. L'entrée est délicate. La passe sud est très étroite et bordée de corail et la passe ouest, que je choisis, n'a qu'1,80m de profondeur. Heureusement il y a un peu de marée et ça passe sans toucher.
Pour le dîner, je prépare le thon au curry avec du lait de coco à bord d'Aotearoa et tout le monde se régale, sauf Nicole pour qui le plat est trop relevé.
Le lendemain, nos routes se séparent, Manara remonte sur le Marin en Martinique et moi je vais retrouver Stéphane et Amélie à la Dominique.
Nous partons ensemble, au moteur, car le vent est absent et Jean Luc prend rapidement de l'avance avec son moteur plus puissant. Eole ne se manifeste qu'à la pointe nord de Saint Vincent ou je mets les voiles, puis ce sera Sainte Lucie vers 15h. A 16 h je commence à apercevoir "Madinina" la Martinique mais la route est encore longue car je vise Saint Pierre, tout au nord où je fais en sorte d'arriver au lever du soleil vers 6 h du matin, car ce n'est pas simple d'y arriver de nuit. Vers 2 h, mon AIS me signale la présence proche d'un énorme bateau de 320 mètres de long mais nous ne faisons pas route de collision, donc tout va bien. Lorsque je parviens à St Pierre, cela fait 23 h que je navigue et j'ai parcouru 90 miles en solitaire, mais j'ai quand même pu dormir un peu par tranches de 20 à 30 mn. La veille est importante mais lorsque qu'aucun bateau n'est en vue, on peut se permettre un petit somme. Ma 1ère nuit de nav en solitaire.
image28 octobre, L'escale à st Pierre est agréable, sieste pour récupérer, marché, coiffeur, déjeuner chez Marie Claire au marché, puis dès 15 h sous une chaleur accablante, je mets cap au nord en direction de Portsmouth au nord de la Dominique. J'ai de la chance car je touche un peu de vent au bout d'1 heure de nav. Il souffle à 13 noeuds et Aotearoa file à 6 nds.
Dans le canal entre les 2 îles, je suis suivi par un bateau qui avançe à 27 nds, c'est 1 ferry, petit soulagement car des plaisanciers ont déjà fait de mauvaises rencontres.....
Vers 20 h, la nuit est déjà noire depuis 2 heures. J'émerge à peine d'1 petit somme dans le cockpit et je vois une fusée de détresse s'élever dans l'obscurité sur mon bâbord arrière, à 5 miles environ du cap Scotts Head, pointe sud ouest de la Dominique. De suite je m'interroge, suis je sûr de l'avoir vue cette fusée? Il y a 1 heure j'ai crû deviner la présence d'1 voilier sur ma route et il s'est avéré qu'il n'y en avait pas.... Mais 1 fusée quand même, ça brille fort de nuit, et puis je l'ai vue monter puis amorcer sa descente et s'éteindre assez vite, il n'y a pas de doute, donc il doit y avoir quelqu'un en perdition, mais alors, que faire? Inutile de vous dire que j'ai cogité plein pot pendant quelques minutes et j'ai décidé de me dérouter et de me diriger sur zone.
Par contre, je ne vois rien dans la direction supposée, pas la moindre loupiote, mais faut y aller voir. J'affale l'a grand voile et roule le génois, fait demi tour et me dirige vers l'endroit supposé.
Ce que je craignais se confirme, pas la moindre lueur, pourtant si quelqu'un a tiré 1 fusée, il doit bien y avoir 1 esquif quelque part, fusse une barque... Je me pose mille questions sur la conduite à tenir et je me décide enfin à contacter le CROSS Martinique ( Centres régionaux opérationnels de Surveillance et de Sauvegarde) qui répond immédiatement à mon appel sur la VHF. Une fois au courant de la situation, ils m'enjoignent de me rendre sur la zone de "tir" supposée et me demandent de les rappeler dès que j'y suis. Ce que je ne manque pas de faire au bout d'une 1/2 heure pour leur signifier que je n'ai rien vu. Je fais alors 1/2 tour et traverse à nouveau la zone afin de reprendre ma route initiale. Un dernier contact avec le Cross clôt l'opération. Le mystère reste entier pour moi, car contrairement au bateau "fantôme", je reste persuadé de l'avoir vue cette fusée de détresse!
Bon, 2 heures de perdues mais comme je compte arriver au lever de soleil, je suis encore en mesure de tenir mon timing, voire même d'arriver avant. Les voiles à nouveau hissées et bien réglées, sous pilote automatique, je m'autorise un petit somme mais je suis réveillé en sursaut au bout de quelques mn car le pilote a "décroché" et le bateau a fait 1/2 tour. Décidément, c'est la seconde fois que je m'en retourne à proximité de çe cap, hasard ou prémonition? Dans le doute je scrute à nouveau dans la direction supposée mais n'aperçoit au loin que ma constellation préférée, la Croix du Sud. Je me remets au cap et un grain me surprend, le vent monte à plus de 25 nds, je ne l'avais pas senti venir celui là. Je temporise un peu puis il passe son chemin. Je décide alors de prendre 1 ris pour être plus tranquille et reprends ma nav sous le vent de l'île, côté mer des Caraïbes donc. La suite sera sans histoires avec un petit vent qui me fait arriver juste au lever du soleil dans la superbe et immense baie du Prince Rupert où Stéphane et Amélie sont déjà là depuis quelques jours.
29 octobre, Après avoir jeté l'ancre, je me précipite dans ma couchette pour un bon cycle de sommeil et à mon réveil j'ai la surprise de voir leur bateau juste à côté du mien, ils se sont déplacés pour que l'on soit côte à côte, sympas les copains! Cela doit faire un mois que nous sommes séparés et je suis très heureux de les retrouver tous les 4 avec Damien et Andy, ce dernier étant pour quelques jours, avec son meilleur copain en vacances ici avec ses parents.

Nous déjeunons ensemble à bord de Moévaï et vers 15 h arrivent un couple d'amis à eux vivant en Guadeloupe, Florian, Mimi et leur ravissante Eva, 5 ans.
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Le 30 nous profitons du cadre magnifique de la baie et le 31 partons retrouver un autre couple d'amis à eux près de Roseau, la capitale, pour récupérer Andy. Le rendez vous est fixé à la plage "Champagne" ainsi nommée car des bulles volcaniques s'échappent d'un faille sous-marine. Une fois dur place, je fais la connaissance de Pierre Lipski, Bayonnais exilé à Cannes et directeur du site de fabrication de satellites Thalès. Nous parlons du pays et ski de rando dont il est un adepte fervent.
Après déjeuner il nous conduit à Soufrière Bay, au niveau du fameux Scott's Head Cap, un site vraiment magique avec son eau limpide et son petit village bien attachant. La baie est classée parc national et interdite aux bateaux, pour protéger les fonds réputés pour la plongée sous marine.
Ma plus belle expérience en Dominique.
imageLe soir nous partageons 1 dernier repas à bord de Moévaï et le lendemain je m'éclipse dès 8 h du matin pour gagner les Saintes et faire ma clearance d'entrée en Guadeloupe, car cela fait un moment, depuis Carriacou précisément, que je n'ai effectué aucune formalité, alors j'ai hâte de me mettre en règle. Stéphane à prévu de lever l'ancre vers 11h et doit me rejoindre à Terre de Haut mais une fois arrivé, je ne vois pas leur étrave de toute la journée. Peut être ont ils été directement à Pointe à Pitre?
À mi parcours, je pénètre sous une importante voûte nuageuse qui défile sur les Saintes et finit par me prendre un grain avec 25 nds de vent, mais ayant pris la précaution de réduire la voilure à 2 ris, tout se passa sans encombres jusqu'à mon arrivée à 13h45.
Le temps resta pluvieux toute la fin de journée mais je fis quand même un petit tour à terre pour effectuer ma "clearance". Mais nous étions le 1er novembre et le cybercafé pour effectuer les formalités d'entrée était fermé. Je m'en acquittais donc le 2 et décidais de rester sur place pour la journée.
Le 3, dès 8h, je quittais le mouillage pour aller à Pointe à Pitre ou j'arrivais vers 14h sous un ciel "bas et lourd". Normal, la Guadeloupe était en alerte jaune.
Dès mon entrée dans le port, j'aperçois Amélie et Andy qui me font des signes. Chance, on m'affecte une place sur le même ponton qu'eux. C'est cool et dès le bateau amarré on se raconte notre nav depuis Portsmouth. Peu après, Dédé passe puis c'est le tour d'Hervé, son copain, dont le bateau a pris la foudre il y 15 jours tout près d'ici. Le pauvre a eu une grosse frayeur, il a vu une boule de feu à l'intérieur du bateau, ses cheveux se sont dressés sur sa tête et toute son électronique à grillé. L'alternateur a même "littéralement" explosé, une moitié à été éjectée, incroyable! C'est la seconde fois qu'il prend la foudre, la poisse! J'espère que son bateau sera vite réparé car il doit traverser le Pacifique pour poser définitivement ses valises à Nuku Hiva, aux Marquises en mai prochain.
imageUn peu plus tard, Dédé me raconte que les "ptits jeunes" d'Esperanza, Florian et Eloïse, ont heurté la barrière de corail en Martinique et arrivent pour mettre le bateau au sec et effectuer les réparations. Heureusement que le temps était calme car Florian a passé la nuit à bord du bateau incliné à 45°, en attendant l'intervention de la SNSM, sans qu'il n'y ait trop de dommages. Un bateau moins solide aurait pu se disloquer dans la nuit. Il s'en est sorti avec quelques égratignures et un safran raccourci de 30cm!
Bon, et bien voilà, ça montre qu'en bateau, l'erreur ne pardonne pas et que même sans en commettre, on n'est pas à l'abri d'un problème! Il faut aussi que notre bonne "étoile" veille sur nous!
Comme me dit Stéphane, il faut se ré-habituer à vivre à terre, car cela fait 3 mois que nous étions au mouillage. Ça fait tout drôle d'être au port et ma foi, on l'apprécie bien pendant quelques jours.

La saison cyclonique se termine fin novembre et pour le moment tout s'est bien passé pour moi et les amis. Haïti, Cuba et d'autres îles ne peuvent malheureusement en dire autant.

Le 25 de çe mois Fadila et Didier (qui est déjà venu en avril) viennent me retrouver pour une dizaine de jours de navigation puis je rentre en métropole du 8 décembre qu 19 janvier.
Rendez vous en décembre pour la suite des aventures d'Aotearoa et couvrez vous bien, l'hiver arrive.....image

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 octobre 2016

De l'insouciance avec les amis, au cyclone Matthew et à un peu de solitude.

 Désolé, pas moyen de les placer dans l'ordre les photos, suis pas doué mais je progresse doucement.

Le tout mignon phare bleu, installé sur un vieux bateau scandinave.

 Quelques bases de la philosophie rasta, dominante ici.

une belle gousse de cacao sauvage.

moévaï, le bateau de Stéphane dans notre abri pendant le passage de Matthew, et le décrochage de Pocky.

le "trou à cyclone", Egmont Bay, avant! Sympa non?

 

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L'anniversaire de Pocky dans notre "lolo" préféré avec un petit concert intimiste.

avec Stéphane, on est remonté au pied de la grande cascade. 

L'invitée du jour, une belle carangue.

Et pour finir, la traditionnelle " photo de famille".

 

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29 septembre, depuis hier " l'onde tropicale" vient d'être classée "tempête tropicale" et à droit à son petit prénom, Matthew, c'est un signe que ça devient sérieux! C'est la 12 ème de cette saison cyclonique, plus prolifique que la normale. Le prochain stade qu'elle devrait atteindre au contact des eaux anormalement chaudes de la mer des Caraîbes est celui de cyclone. A 14 h je sais qu'elle vient de passer entre Saint Vincent et Sainte Lucie, juste au sud de la Martinique et les dégâts doivent être importants.
Ici , dans notre " trou à cyclone" d'Egmont Bay à Grenada, zone abritée de la forte houle, des rafales de 30 noeuds ont commencé à souffler vers 1 h cette nuit. Aucun bateau n'a bougé et j'ai pu dormir jusqu'à 6 h où l'intensité est montée d'un cran avec de fortes pluies et des rafales de + de 40 noeuds. 2 bateaux ont vu leur ancre déraper dont celui de mon "voisin" Pocky. Subitement j'ai vu son bateau en travers du vent se diriger vers le catamaran mouillé derrière lui. Il a rapidement réagi, mis le moteur en marche et remonté son ancre. D'un coup d'annexe je suis monté à son bord lui donner un coup de main pour la manœuvre. Il a pu remouiller dans une zone libre de tout bateau pendant une accalmie. Je considère que c'est un "maître dans l'art de mouiller" Pocky, il m'a beaucoup appris dans cet exercice assez nouveau pour moi où il faut tenir compte de la hauteur d'eau, de la nature des fonds, des autres bateaux, de la zone d'évitage, des renverses de vent......mais malgré tout il peut toujours arriver un souci même à un expert! Faut dire qu'ici le fond est de la vase qui retient beaucoup moins bien les ancres que le sable.
Je n'ai pas vu l'autre bateau déraper, mais Serge sur son Ovni a mis un coup de corne de brume pour prévenir les bateaux alentour. D'après lui, ça a été beaucoup plus chaud que pour Pocky.

Vers 10h, un énorme nuage noir s'est dirigé sur nous et à dardé la surface de l'eau de milliers d'impacts, on se serait cru dans une gigantesque marmite en ébullition. Par contre le vent n'est pas trop monté. J'en ai profité pour prendre une bonne douche et laver le pont du bateau avec toute cette eau venue du ciel. J'en ai d'ailleurs récupéré 40 litres dans 2 grandes bassines placée judicieusement. Une aubaine car on est toujours en train de surveiller notre consommation, nos réserves n'étant pas inépuisables.
Depuis que le grain est passé, c'est à nouveau plus calme. Stéphane vient à bord et m'installe ma nouvelle antenne wifi. Peut être est çe la fin de la perturbation? Nous n'avons été exposé qu'à la bordure sud de la tempête, j'espère que nos amis Dédé et l'équipage d'Esperanza, Florian et Eloïse, à Bequia et Mayreau, plus proches de l'épicentre, n'ont pas subi de dommages..... Quant à Hervé, parti amener Isa prendre l'avion en Martinique, où des vents de 180 km/h ont été enregistrés, il a dû se faire du souci!
Voici le bilan du 1 er véritable coup de vent essuyé par Aotearoa depuis 1 an, hier était la date anniversaire du départ d'Hendaye.
Samedi 1 er octobre, Pocky vient de m'apprendre que Matthew a été classé 5, soit la catégorie de cyclone la plus destructrice. Des vents de 300 km/h ont été enregistrés. C'est devenu un monstre de 650 km de large, le plus étendu depuis 60 ans. Il menace maintenant les grandes Antilles, Cuba, Haïti et la Jamaïque notamment.
Hier nous avons quitté notre abri isolé pour nous installer à Prickly Bay où la vie "normale" a repris: approvisionnement en eau, nourriture, essence et pièces pour effectuer quelques réparations car il y a toujours des petits ou grands travaux en cours sur tous les bateaux. Eh oui, nous ne passons pas nos journées à buller au soleil avec 1 verre à la main....
Nous venons de recevoir des nouvelles rassurantes de Dédé à Bequia et surtout de Laurent et Anne Laure qui ont subi des vents de 120 km/h à Sainte Anne en Martinique et des trombes d'eau particulièrement abondantes sans dommage, mais çe sont des habitués qui vivent à l'année sur leur cata. Par contre au Marin, le port voisin, 4 ou 5 bateaux ont dérapé et 2 se sont échoués, d'après Guillaume qui y travaille.

Mardi 5 octobre, notre petit groupe se disperse, Stéphane Amélie et les enfants nous quittent, car ils attendent des amis en Martinique vers le 20 octobre. Greg lui aussi va remonter pour trouver une solution à ses problèmes de moteur et d'hélice sur son cata. Une hélice s'est dévissée mais heureusement il l'a retrouvée sous son bateau au mouillage!
Avec Pocky nous restons un peu orphelins de nos amis, mais nous les reverrons plus tard en Dominique ou en Guadeloupe. Avant de remonter nous aussi, nous nous lançons dans divers travaux, Pocky installe une super ancre Rocna ( tiens donc!) et moi je fais réparer ma capote et fait installer un petit bimini pour me protéger du soleil en navigation.
Je retrouve une "vieille connaissance", Jules, le breton avec qui nous avons passé une soirée chez Félix en Dominique, lorsque mon pote Philippe était à bord. Il nous apprend que Florian et Eloïse ont bien vécu l'épisode Matthew mais par contre ont perdu leur annexe.
Coïncidence, Pocky le connaît aussi car il lui a vendu son climatiseur. 2 jours plus tard, il s'est fait peur car une forte houle a déferlé de nuit au mouillage de st Georges et avec le ressac ils se serait cru dans une lessiveuse. Depuis il mouille à 1 km de la côte. Cette même nuit, la terrasse du sail restaurant a été détruite par les vagues. La prudence s'impose....

Samedi 8 octobre, Pocky passe me voir à 8 h ce matin et m'annonce qu'il part sur Cariacou. Je le suivrais volontiers mais je suis coincé par mes travaux. Je me retrouve donc seul et va falloir que je me passe de son avis, c'est souvent utile un avis "avisé" comme le sien car il a de l'expérience et il a beaucoup navigué en Bretagne, tout est dit!

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19 septembre 2016

Les photos De Canouan, Mayreau, Cariacou et Grenada avec un temps de retard.........

Mayreau, Salt Whistle Bay

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Mayreau, Salt Whistle Bay

Mayreau

Mayreau, Saline Bay

Canouan

une erreur de manipulation vous a privé des photos, les voici........

derniéres infos du 28 septembre, la tempête tropicale va passer un peu plus au nord la nuit prochaine et nous ne devrions avoir que des vents inférieurs à 30 nds maximum ici à Grenada.. A très vite .

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Un zeste de Grenadines à Mayreau, Carriacou et Grenade, l'île aux épices.

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13 septembre 2016.

1 mois et pas une ligne d'écrite sur le blog, allons capitaine secouez vous! Certes c'est la triste vérité mais je voudrais vous y voir vous.... Il fait 34° dès 10 h du matin à l'intérieur du bateau, 37 en journée, je vous explique pas çe qu'il en est lorsqu'on se risque à découvert vers midi! On cuit, et s'il n'y a pas un souffle d'air, on se liquéfie... D'aucuns me traitaient d'hyper activ sous le bon climat de la côte basque, je vous assure qu'il a bien changé le bonhomme!
Et pourtant, il est seul à la manœuvre, seul à prendre ses décisions et seul à décider s'il passe à droite ou à gauche de la bouée qui est là devant et dont il suppose qu'elle est rouge ou verte en fonction de sa position, c'est du stress tout ça et de la fatigue aussi!
Bon, heureusement qu'il y a les amis pour passer de bons moments de convivialité, pour pêcher de belles langoustes dont certaines de + de 2 kg ( record à l'île Ronde avec 2,3 kg), visiter et faire de petites randos...
Nous voici donc à St Georges , "capitale" de Grenada, belle ville de 20 000 ha avec ses anciens bâtiments serrés autour du "Carrenage", ses bâteaux de pêche en bois et ses petits cargos de frêt , chargés à dos d'homme comme au temps des colonies.
On a l'impression d'un retour à la civilisation après les petits ports de quelques centaines d'habitants depuis la Martinique. Il y a même une "alliance Française" où j'ai pu me plonger dans la culture du pays et savourer un article de Géo sur le pays Basque écrit par le sympathique journaliste Bayonnais Txomin Laxalt.

Au fur et à mesure de notre descente vers le sud avec Patrick, le cercle des bateaux amis s'est élargi et nous formons un petit village flottant de 7 ou 8 bateaux. Chacun suit son programme, il y a de petites séparations et de joyeuses retrouvailles sur certaines étapes incontournables comme à Carriacou et Grenada. Il y a les 2 "vieux" loups de mers Dédé, et Hervé qui part s'installer aux Marquises où il a un petit terrain, Hervé, le moniteur de ski des Arcs, et Isabelle sa femme, Laurent et Anne Laure avec leurs 2 enfants qui louent leurs 2 catas, Greg et Céline et leurs enfants, de Bordeaux, Claude et Nady les méridionaux qui viennent de rentrer au pays, Florian et Eloïse, les aventuriers précoces de 27 et 24 ans, Pocky mon binôme, qui a décidé de se poser à St Georges pour faire du golf et enfin et surtout l'adorable famille composée de Stéphane, Amélie, Andy et de la mini tornade Damien, 2 ans à peine.
Ils ont traversés l'Atlantique en février en 15 jours à peine, sans pilote automatique tombé en panne dès le 3 ème jour. Alors que la plupart des couples que j'ai cités ont de vastes catas, ils sont 4 dans un monocoque ancien mais bien aménagé et se partagent entre les cours d'Andy, la garde active de Damien et les tâches quotidiennes en restant toujours d'humeur égale. Je les apprécie beaucoup et c'est un peu ma petite famille des tropiques. Quelle richesse toutes ces rencontres de personnes d'horizons divers mais qui osent vivre leur rêve sans se mettre de barrières et sans peur du lendemain.
En fait, même le fait d'avoir des enfants en bas âge n'est pas un obstacle, ni la scolarité des plus grands, ni le financement du projet car certains se posent quelque part et travaillent lorsque les finances doivent être renflouées.
Je crois qu'il y a 2 sortes de personnes, ceux qui se cherchent des excuses pour ne pas réaliser leur rêve en ne pensant qu'aux problèmes et ceux qui au contraire, leur objectif en ligne de mire, cherchent et parviennent à surmonter tous les obstacles les uns après les autres pour y accéder. 2 façons bien différentes d'aborder la vie tout simplement! Comme quoi, à 24 ou 65 ans, tout est possible, nous en avons la preuve tous les jours......

Tout cela représente une petite communauté bien sympathique composée de gens avides de liberté, de découvertes et de rapports humains. Les invitations pleuvent et le soir on se retrouve pour partager un ti'punch, des langoustes, des carangues ou un bon morceau de viande du boucher Français de Prickly Bay. A l'île Ronde, nous sommes retrouvés à 13 adultes et 4 enfants sur le cata de Laurent, le record! Lui c'est pas compliqué, il pêche tous les jours et il invite tous les bateaux du mouillage pour déguster ses belles prises. Nous sommes plus mesurés sur nos monocoques mais on s'est déjà retrouvés à 5 adultes et 2 enfants sur Aotearoa.

Il me semble que çe mode de vie va de pair avec une certaine générosité, tout le monde est heureux d'inviter à son bord et de partager, de rendre visite aux copains et de passer du bon temps ensemble, tout simplement.
Il en va de même pour les visites des îles, on se réserve un minibus et on partage les frais, ce qui arrange tout le monde et c'est beaucoup plus intéressant que de faire ses trucs tout seul dans son coin...
Nous n'écoutons pas beaucoup les infos mais "radio ponton" fonctionne à fond et on a ainsi des nouvelles des amis croisés ici ou là car chacun a son programme. Plusieurs équipages basés aux Antilles descendent tous les étés dans les Grenadines se mettre à l'abri des cyclones et ont leurs spots de prédilection où ils passent pas mal de temps, d'autres qui comme moi sont en phase de découverte, sont enclins à bouger un peu plus pour découvrir de nouvelles îles, des mouillages dont on a entendu parler car il y a tellement à voir.....

Bon, trève de considérations philosophiques, que s'est il passé depuis le 14 août, où Aotearoa a-t'il promené ses quilles à bulbe? Ben en 1 mois il en a vu des mouillages, mais après 2 jours à Mustique on a passé 2 jours à Canouan, puis destination Mayreau où nous sommes restés du 18 au 21 août, d'abord devant la magnifique plage de Salt Whistle Bay, site vraiment enchanteur, puis dans la baie des Salines et sa longue plage de cocotiers. Nous nous y sommes beaucoup plu avec Pocky car c'est calme, il y a de la place et peu de bâteaux et puis le "village" accroché à flanc de colline est très attachant avec ses habitants chaleureux et ouverts.
Puis nous sommes partis voir les fameuses "Tobagos cays", 4 îlots déserts ceinturés par une grande barrière de corail où les eaux ont des teintes assez fabuleuses, un véritable enchantement.
Mais cela manque de vie locale pour moi, et avec Pocky nous décidons d'aller nous replonger dans l'ambiance nonchalante de Mayreau avant de descendre vers Union retrouver je l'espère Stéphane et Amélie. Las, lorsque j'y arrive seul le 24, Pocky a décidé de rester à Mayreau, je retrouve Hervé et Isabelle mais "la famille" est partie pour Carriacou.
Le lendemain matin, Pocky me rejoint et nous faisons nos formalités de sortie à Union où l'accueil des "boats boys" m'a déplu et dès l'après midi nous mettons le cap sur Carriacou, précédé de quelques heures par Hervé et Isa. Après une agréable navigation sous génois seul, nous arrivons à Tyrell Bay avant la nuit.
Le 26 au matin, nous allons à terre et retrouvons Hervé et Isa dont le bateau est mouillé à côté de Claude et Nady. Vers midi je retourne à mon bateau en kayak et aperçois le bateau de Stéphane et Amélie juste derrière le mien. Je vais les voir et de suite ils me proposent de déjeuner en compagnie de leur ami Dédé, un ami Guadeloupéen, qui a bourlingué du Canada au Brésil, excellent navigateur et qui a construit son bateau lui même.
Le 28 on part à la chasse avec Pocky, je repère un rocher sous lequel s'abritent 3 langoustes et mon pote réussit à en attraper 3 que nous dégustons le soir même avec Stéphane et Amélie à bord d'Aotearoa.
Le lendemain nous partons faire quelques courses à Hillsborough avec Hervé et Isa et j'achète 2 magnifiques tranches de thon que je cuisinerai au lait de coco et aux épices pour les déguster avec eux et Pocky.
Le 31, douleur vive au niveau des ligaments internes du genou gauche. Pocky m'examine et subodore un petit souci ligamentaire. Je me glace 3 fois le genou et le lendemain je n'ai plus mal.
Après 1 semaine passée à Carriacou, à Tyrell Bay, je pars seul pour l'île Ronde, une île déserte, où j'espère rencontrer d'autres amis et effectivement j'y retrouve Stéphane et Amélie qui, à peine arrivé, me proposent de se joindre à eux et d'autres amis pour manger de la langouste et du poisson fraîchement pêché au barbecue. Quelle chance pour moi car l'ambiance est excellente et Laurent, le pourvoyeur des langoustes et poissons du jour, est aussi bien devant le grill qu'efficace fusil au poing. Durant les jours suivants nous plongerons avec lui, Stéphane et moi, nous écouterons attentivement ses conseils pour débusquer quelques langoustes mais sans succès, nous n'avons pas l'âme de tueurs je pense, sauf 2 ou 3 bourses cabrits que je remonterai pour le bébé de 2 ans de Stéphane et Amélie. Pour Damien, j'arrive à tuer quelques poissons, mais sans cet alibi, j'ai du mal à appuyer sur la gâchette! Indifférent à nos problèmes éthiques, Laurent remonte 2 belles langoustes puis 2 grosses carangues de 7 et 8 kg que nous mangeons le lendemain soir sur son cata après une petite ballade sur l'île où nous n'avons pu progresser qu'à l'aide du coupe coupe. Tout le mouillage est là, nous sommes 17 à bord du cata de Laurent et Anne Laure. Le ciel se zèbre d'éclairs et le tonnerre gronde, nous espérons tous que la foudre ne va pas s'inviter car il pourrait y avoir des dégâts!

Les journées passent entre parties de chasse sous marine, repos et invitations à déguster des langoustes. Je n'en ai jamais autant mangé, mais que c'est bon ces bestioles....
La houle rentre dans la baie et le mouillage devient rouleur et inconfortable, Dédé et Hervé, pourtant de vieux briscards des océans, nous quittent pour Grenada où ils espérant trouver un abri plus calme. Le 4, Pocky arrive enfin, c'est 1 malin car il a attendu que la houle diminue pour nous rejoindre. Le 5, avant de quitter l'île, nous remontons 2 langoustes, elles se font rares après la chasse intensive des derniers jours...
En début d'après midi nous prenons la direction de Grenada avec Pocky,ainsi que Stéphane et Amélie, et vers 17h nous jetons l'encre devant St Georges, capitale des Grenadines du sud. Nous y resterons une bonne semaine car nous sommes sensible au charme de cette ville avec ses quais bordés d'anciens entrepôts en briques peintes construits par les Français, son port, "the Carenage", et ses rues escarpés.
Cette escale nous permettra de refaire le plein de fruits et légumes grâce à son marché bien achalandé. Un investissement plus important s'impose car je n'ai plus de moteur hors bord. Je fais le tour des concessionnaires et j'achète un Yamaha 2 temps de 4 chevaux qui me donnera toute satisfaction.
Avec les amis, nous nous regroupons à 13 et nous affrêtons un mini bus pour faire 2 journées d'excursion dans l'île. Notre but principal et d'aller nous rafraîchir dans les chutes d'eau à l'intérieur de l'île. Nous choisissons les Seven Sisters falls et les Concord falls et ces instants de baignades
dans une eau douce et un peu fraîche, au milieu d'une végétation luxuriante seront de vrais moments de bonheur. Lors des marches d'approche pour atteindre ces chutes, nous aurons l'occasion de voir beaucoup d'arbres qui ont fait la réputation de Grenade, l'île aux épices: caféiers, muscadiers et cacaotiers principalement. Mais les routes sont également bordées d'avocatiers, de manguiers, de papayers, d'orangers et d'arbres à cythères, quelle abondance...

Aujourd'hui, lundi 19, ça se disperse un peu tous azimuts, Florian et Eloïse, à bord d'Esperanza, amorcent leur remontée vers la Martinique, escortés par Dédé et sa force tranquille.
Greg et Céline vont à David's harbour faire réparer un moteur et Aotearoa s'apprête à visiter les baies du sud de l'île avec Moévaï de Stéphane et Amélie. Mais avant de se séparer, tout le monde prend bien soin de prendre les coordonnés des uns et des autres avec en tête des dates et des lieux pour se retrouver bientôt.
Tout cela me manquera si cela doit prendre fin un jour.......
Maintenant, des choix cornéliens vont s'imposer, soit me séparer de Stéphane et Amélie car ils vont bientôt remonter vers la Guadeloupe, soit attendre Jean Luc parti il y a 4 ans de St Jean de Luz et qui est en train de boucler son tour du monde avec Nicole, soit descendre sur Tobago avec d'autres bâteaux du mouillage, soit attendre que Pocky ait fini de s'adonner au golf et remonter ensemble Je vais y réfléchir dans les jours à venir et le bon choix s'imposera de lui même......
Par contre, une chose est sûre, je renonce aux îles vénézuéliennes, pas envie d'aller à la recherche des ennuis, c'est dommage mais faut être raisonnable!

en attendant, nous venons de fêter ll'anniversaire de Pocky le 22 septembre et çe fût une bien belle soirée avec un concert dans un petit Resto bien local.

Derniére nouvelles, le coin n'est pas si sûr que ça, 10 annexes ont été volées dans Clarkes Court Bay il y a quelques jours, un bateau pillé et la météo nous annonce un cyclone dans les parages pour mardi soir, cela devient sérieux et il va falloir prendre les bonnes décisions: s'abriter dans une baie à Grenada, fuir plein sud vers Tobago ou plus au nord En fonction de la trajectoire. On va se consulter avec les amis et voir ce qu'il y a de mieux à faire. 

Le 28, cela fera 1 an qu´Aotearoa a quitté Hendaye, j'espère qu´on fêtera l'évènement sans avoir subi de dommages.

 

 

Posté par Aotearoa2015 à 22:20 - Commentaires [0] - Permalien [#]

07 août 2016

Août 2016: St Vincent, Bequia, Mustique, langouste, ti punch et cocotier!

petite tornade St VincentCumberland bay St VincentLe 5 nous prenons la direction de l'île suivante, Saint Vincent. Certains évitent de s'y arrêter car des bruits courent sur la sécurité et sur les pontons Les 2 pitons le 5 aoûtdes 

Cumberland Bay le 6 août histoires circulent sur tel ou tel bateau qui aurait connu des problèmes. Nous décidons d'aller voir par nous-même et choisissons Cumberland Bay où nous sommes très bien accueillis par les

Boat boy St Vincent

boat boy qui nous aident à jeter l'ancre et nous mettent une amarre, attachée à l'arrière du bateau, sur un cocotier à terre, afin de sécuriser le mouillage. C'est une première pour nous. Nous faisons connaissance avec les équipages de 2 bateaux français,

Stéphane et Amélie

 

particulièrement avec Stéphane et Amélie qui voyagent avec leurs 2 petits garçons. Le 6 le vent se lève et l'ancre d'Aotearoa dérape sous un grain assez violent. Stéphane me prête mainforte et nous remouillons l'ancre sous le déluge, merci pour le coup de main car il ne fallait pas traîner.....

WalilabouLe 7 nous faisons une incursion à Wallilabou Bay où a été tourné "pirates des Caraïbes 1" et faisons une petite marche qui nous mène à une cascade bien rafraîchissante.

Nous reprenons la route vers Bequia et jetons l'ancre dans "Admiralty Bay", devant Port Elizabeth.

Elle est superbe cette baie mais la nuit sera très pénible car d'incessantes rafales à + de 35 noeuds vont secouer nos bateaux et soumettre nos ancres à rudes épreuves. J'ai dû me lever une vingtaine de fois de peur de voir le bateau déraper, prêt à intervenir si besoin!

Avec Patrick, nous décidons de faire un break et de se poser quelques jours ici. Nous déplaçons nos bateaux devant la plage où le vent souffle moins fort et avons la surprise de retrouver Stéphane et Amélie avec qui nous ferons quelques balades et savourerons quelques ti'punchs.

LangousteAvec mon binôme, nous partons chasser la langouste et entre le 11 et le 13, nous en remontons 9 à bord. Je dois avouer que je n'en ai prise qu'une seule car je n'ai pas encore son expérience ni son matériel. Il faut un petit fusil de 50 cm que je n'ai pas alors je chasse au trident, à l'ancienne, mais ma 1ère langouste au tridentelles sont vives ces vilaines et esquivent la plupart de mes tentatives. Pour faire ma part de boulot, je les ai cuisinées et on s'est régalé avec du beurre et de l'ail coupé très fin pour en le chasseur et ses prisesrelever finement le goût. Mais quel chasseur impressionnant ce Pocky!

 

Nous avons profité de notre séjour à Bequia pour manger dans de petits " lolos", restaurants locaux fréquentés par des "locaux" qui ont une 

Le rhum à 84,5!fâcheuse tendance à préférer le rhum à la nourriture, et pas n'importe quel rhum, le " Sunset" qui tire, vous aurez du mal à le croire, à 84,5°!

Incroyable, et nous qui pensions que le "Père Labat" à 69° était le top du top..... Cela n'a pas

Cumberland Bay le 6 août empêché nos voisins rastas d'en boire une demie bouteille le temps que nous mangions notre plat. Avec cette chaleur, comment font-ils?

Le 14 août, nous quittons Bequia pour Mustique, la fameuse île des stars. Ce ne sont pas eux qui nous attirent mais la curiosité de voir cette petite île privée pleine de charme. Nous y passons 2 jours mais le charme n'a pas opéré et 80% de l'île nous est interdit car " toutes est privé" ici, même les routes.

À suivre, prochaines étapes, Canouan, Mayrau et les Tobago cays.

 

Posté par Aotearoa2015 à 10:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]

03 août 2016

Août 2016: Direction St Lucie avec Pocky!

Ste Lucie (2)Philippe parti retrouver son Béarn et ses chevaux, et je n'en dirai pas plus..... je retrouve Guillaume, déjà rencontré au Cap Vert, et qui bosse pour une société d'entretien de bateau. La traversée de l'Atlantique a été plus poussive que la nôtre par manque de vent et a duré 7 jours de plus. Par contre il m'a raconté l'histoire du bateau qui est à côté du sien au port et à viré au drame.

Joueurs de dominos

Son propriétaire a recruté 2 débutants pour l'aider mais est malheureusement passé par-dessus bord en pleine nuit au début de la traversée. Les équipiers ne s'en sont aperçu qu'au matin et n'ont dû leur salut qu'au téléphone satellite qui leur a permis de se faire suivre et conseiller pendant tout le reste de la traversée, quels moments terribles ils ont dû vivre! Sans parler de l'interrogatoire musclé qu'ils ont subi en arrivant au port......

Jakes & PockyAprès 5 jours passés au port du Marin à bien m'occuper d'Aotearoa, le 30 juillet, je pars retrouver Patrick Picot, aux Anses d'Arlet qui navigue sur un "Amel", un bateau confortable mais assez ancien. Nous y passons 3 jours et assistons à l'arrivée de la 1ère étape du tour de Martinique en Yoles rondes, bateaux traditionnels en bois. C'est l'évènement de l'année et tous les jours des centaines de bateaux suivent l'étape assidûment avant de festoyer le soir venu, certains même avant l'arrivée des bateaux...

Marigot Bay le 2 août

Le 2 août, nous levons l'ancre et l'air est chargé de sable Saharien. Nous prenons la direction de Sainte Lucie et nous arrivons à Marigot Bay après 35 miles d'une navigation rapide. À chaque mouillage dorénavant, nous devons nous amarrer à une bouée et un " boat boy" propose ses services. Le prix varie selon les endroits et il nous en a coûté 54 EC ( east caribean $) + 15 EC pour le service (il faut diviser par 3 pour avoir le prix en euros). L'endroit est charmant avec son architecture anglaise et sa petite cocoteraie.

Laborie Bay Ste LucieLe 3 août nous faisons une halte dans la jolie "anse cochon" puis continuons jusqu'à Soufrière Bay, d'où nous avons une vue magnifique sur les "2 Pitons", site majestueux devenu l'emblème de Sainte Lucie.

 

Laborie Ste Lucie (2)

Le 4, nous continuons à descendre et faisons halte 2 jours à Laborie Bay, dont le village du même nom nous a particulièrement séduits avec ses belles plages bordées de cocotiers et ses habitants très amicaux.Laborie bay Ste Lucie


Cela fait une semaine que nous naviguons de concert avec "Pocky", le surnom de Patrick et nom de son bateau également, et tout se passe bien. Nous sommes au même rythme et n'avons aucun problème pour nous accorder sur le programme ( excepté en navigation ou Aotearoa allonge un peu plus laMarigot Bay le 2 août foulée que Pocky). Cela me laisse un peu plus de temps pour me préparer car comme vous le savez, je ne suis pas du matin moi! Alors, je laisse filer mon camarade plus matinal et le retrouve sur l'eau en cours d'étape.

 

 

 

 

 

Posté par Aotearoa2015 à 09:41 - Commentaires [0] - Permalien [#]